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Listes des Unités de Vie Familiale
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Listes des Unités de Vie Familiale
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CP MONT DE MARSAN
CP POITIERs (2009)
CP LE HAVRE(2010)
CP LIANCOURT (2006)
CP ANNOEULIN (2011)
MC VENDIN (2012)
CP BOURG EN BRESSE (2010)
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MA NANTES(2010)
CP NANCY (2009)
CP BEZIERS (2009)
Invité- Invité
???
Bonjour Sablan,
Qu'est-ce qu'une Unité de Vie Familiale ?
Merci, à bientôt,
Qu'est-ce qu'une Unité de Vie Familiale ?
Merci, à bientôt,

Angelina Hope- Nouveau Membre

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Réputation: -6
Post Scriptum
Et qui peut avoir accès à ces Unités de Vie ?
Est-ce pour les longues peines ou toutes les durées ?
Est-ce pour les longues peines ou toutes les durées ?

Angelina Hope- Nouveau Membre

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Réputation: -6
Re: Listes des Unités de Vie Familiale
Il s'agit d'appartement aménagé au sein de la prison, il n'y a pas de surveillance et c'est beaucoup plus humain.Maintenant comme on voit il n'y a pas beaucoup de prison qui en ont et surtout cela s'accorde comme des permissions une fois par trimestre
Et ziano oui c'est plus que crue car ce n'est pas réservé qu'au mari et femme! Y'en a qui en profitent pour voir leur enfant dans un cadre autre que le parloir.....
Invité- Invité
Merci
Merci Sablan pour cette précision !

Angelina Hope- Nouveau Membre

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Re: Listes des Unités de Vie Familiale
J'ai trouvée un article qui parle des uvf, comme j'ai bien aimé, je vous le mets
Une maison derrière les barreaux
Rien sur les murs. Pas une photo. La cellule semble inhabitée. Une casserole vide, une étagère vide. Seule l'étiquette sur la porte à l'entrée témoigne de la présence de Didier (1). «Il est étonnant, ce gars-là, lâche le surveillant. Il mène une vie d'ascète.» Le détenu d'à côté a affiché la bouille d'un bébé au-dessus du lit. Un autre, l'almanach des pompiers; une page arrachée chaque jour, 3 650 fois qu'il répète le geste. Didier, lui, a été condamné à seize ans de réclusion. De sa fenêtre, il aperçoit l'hippodrome et les barbelés du centre pénitentiaire d'Avignon-Le Pontet (Vaucluse). «Au début, des photos de ma fille, il y en avait partout, confie-t-il. J'ai fini par les enlever. Ça me ronge de les voir, ça me renvoie à mes vieux démons.»
Il a l'air costaud, comme ça, Didier, avec ses gros biceps. En huit ans, il est déjà passé par les Baumettes, à Marseille, les prisons de Lyon, Toulouse et Nîmes. Et voilà que ce grand brun en treillis lâche, les bras croisés: «Il y a dix jours, ma fille et moi, on a regardé Bambi en DVD.» Pas dans sa cellule aux murs nus, mais dans l'un des deux appartements aménagés au sein même de la prison: une unité de visite familiale (UVF).
Au total, il en existe sept dans les 189 établissements de France. Celle du Pontet est l'une des plus récentes, avec celles ouvertes en septembre dans les centres pénitentiaires de Liancourt (Oise), Toulon-La Farlède (Var) et Meaux-Chauconin (Seine-et-Marne). Ce dispositif, inspiré de ce qui se fait depuis longtemps au Canada ou dans les pays scandinaves, a été lancé en 2003, d'abord à titre expérimental, par le ministère de la Justice. L'objectif est de maintenir les liens entre les condamnés à de longues peines, qui n'ont aucune permission de sortie, et leur famille dans la plus stricte intimité. Et, du coup, de mieux préparer leur sortie. Au rythme d'une fois tous les trois mois, les retrouvailles durent six heures au début, puis vingt-quatre, quarante-huit, et, si tout va bien, jusqu'à trois jours. «On leur décrit l'UVF comme une location de vacances, on dresse l'état des lieux à la petite cuillère près, explique Annie Garnero, l'assistante sociale du service d'insertion. S'il y a la moindre dégradation, le détenu est tenu pour responsable.»
Un patio à l'air libre, ou presque. Un carré de pelouse synthétique surplombé d'une toile d'araignée métallique. Sur la table de jardin, une nappe ornée de citrons. La porte vitrée donne sur l'intérieur: un canapé, des rideaux, un bouquet de tournesols. C'est du Ikea hypersécurisé - un interphone par pièce - mais plus de bruit d'écrous ni de talkie-walkie qui grésille. Du silence. Les détenus apprécient. «La veille, j'étais tellement excité que j'ai fait 150 pompes!» plaisante Didier. Le 4 novembre, sa femme et sa fille l'ont rejoint dans le F2. La petite a 5 ans. C'est un «bébé parloir». Elle n'a jamais passé six heures d'affilée avec son père. Ils ont joué à cache-cache, elle riait aux éclats. «Je ne vais pas me permettre de refaire toute son éducation, raconte Didier. Je suis puni, je l'assume. Mais j'ai de nouveau le sentiment d'être papa. C'est une grande avancée, l'UVF, ça permet de tenir.» Son épouse, Catherine, respire: «L'équipe m'a accueillie comme un être humain, pas comme une coupable. J'ai subi tant de moments avilissants, au parloir... On vous fiche la honte si le portique sonne: "C'est votre soutien-gorge à armature! " On vous dégoûte de venir. Ici, les surveillants m'ont même encouragée à aller chercher le doudou de ma fille dans la voiture.»
Quand la porte s'ouvre, elle tremble comme une gamine
Les conditions d'accès à l'UVF sont drastiques. Au centre pénitentiaire d'Avignon-Le Pontet, la commission d'attribution réunit, une fois par mois, psychologue, surveillants, assistantes sociales et la directrice adjointe, Sophie Masselin. En cas de désaccord, c'est elle qui tranche. Le prisonnier, lui, doit rédiger une lettre de motivation. Sa vie est épluchée: dossier pénal, comportement, hygiène, situation financière. Le visiteur, aussi, doit écrire et surtout être parfaitement informé des faits commis. «On prend une responsabilité énorme, souligne Sophie Masselin. La réinsertion doit passer par le maintien du lien. Mais on se heurte parfois à deux versions: le détenu vous décrit une relation extraordinaire; sa femme, elle, semble plus réticente et le surveillant nous rapporte que l'enfant pleure trois quarts d'heure au parloir. Quelquefois, la gravité des faits, la violence de la relation passée peuvent nous heurter, mais nous ne sommes pas là pour juger, plutôt pour nous assurer que la personne vient ici en toute liberté.»
A 9 heures, un matin de septembre, Hélène a franchi le portique en bottes Chanel et robe Jean Paul Gaultier - les cadeaux de son mari Francis, vestiges de la vie d'avant. Il purge une peine de vingt-deux ans. Leur couple a survécu à l'épreuve des barreaux malgré la distance, le coût de l'hébergement, l'absence d'intimité. Hélène n'a jamais manqué un parloir en quatorze ans. Quand la porte de l'appartement s'est ouverte sur Francis, elle tremblait comme une gamine: «J'avais le coeur qui s'emballait.» Un café, le premier depuis une éternité. Puis son mari lui a préparé des pâtes à la sauce tomate. D'habitude, c'est elle qui le chouchoute. Là, ça lui a fait un bien fou, interdiction de se lever: «Si tu viens, tu es mon invitée!» Cheveux grisonnants, barbe naissante, lui aussi se livre, ému: «C'était comme un premier rendez-vous amoureux.» Le couple s'est retrouvé deux fois à l'UVF. Sans les enfants. «On a été un peu égoïstes, poursuit-il. Je suis privé de liberté, j'accepte la sanction, mais il faut nous libérer dans notre tête, sinon on devient aigri.»
Une voix féminine, au micro, intervient à 11 h 30: «Vous allez avoir la distribution du pain.» Ce mercredi matin, ça s'agite dans l'UVF. Un homme retrouve sa femme et leurs quatre enfants. En leur apportant la baguette, les deux surveillants, Xavier Brousset et Laurent Genot, en profitent pour jeter un oeil. Ce sera la seule fois. Madame sur le canapé, monsieur avec les petits, tout va bien. «C'est gratifiant, on sort de l'idée du maton pur et dur où il y a peu de sentiment et que du règlement, relève Laurent Genot. Des rapports humains s'établissent.»
N'empêche, bon nombre de collègues ont grincé des dents à l'ouverture de l'UVF: pas question, disaient-ils, de devenir des «gardiens de bordel»! Ceux qui acceptent d'y travailler sont surnommés les «Madame Claude» ou les «Monsieur Durex». Difficile de déverrouiller le tabou de la sexualité en prison. Déjà, au début des années 1980, Robert Badinter, alors garde des Sceaux, avait décidé d'aménager des appartements expérimentaux à Casabianca (Haute-Corse), à Mauzac (Dordogne) et à Val-de-Reuil (Eure). Devant la fronde des syndicats de surveillants fustigeant le caractère «exorbitant» de ce nouveau «droit», le ministre avait dû faire machine arrière. «Soit on décrit les prisons comme des pourrissoirs, soit comme des hôtels 4 étoiles, regrette Gilles Capello, directeur du centre pénitentiaire d'Avignon-Le Pontet. J'entends souvent que les détenus, nourris, blanchis, sont mieux logés que les étudiants! En réalité, la prison reste un monde d'une grande violence matérielle et psychique. L'UVF ne sert pas à assurer le gîte et le couvert, il s'y passe quelque chose de fort.»
Pour reparler des faits, c'est plus intime que le parloir
D'abord, un retour à la réalité. Il y a ce père, déconnecté du quotidien, qui n'a commandé que des madeleines et des bonbons. Un autre qui s'est senti perdu entre la cuisine et le salon. Trop d'espace! Un troisième qui a dû cantiner, acheter le repas, avec une monnaie étrangère: l'euro. «L'UVF n'est pas qu'une carotte, cela peut être un déclencheur, relève Christophe Prat, psychologue chargé du projet d'exécution des peines. En ce moment, on s'inquiète, par exemple, au sujet d'un détenu pour qui rien ne marche, ni la menace, ni la coercition, ni le dialogue. La paternité est le seul fil par lequel on peut encore l'attraper.»
Pour beaucoup de familles, enfin, cette plage d'intimité totale permet de reparler des faits. Lionel et ses parents n'avaient jamais évoqué «l'affaire» depuis dix ans. A la fin de leur premier déjeuner, le détenu a rangé la vaisselle dans l'évier. Son père s'est enfoncé dans le canapé. Un moment de silence, et Lionel s'est jeté à l'eau: «Faudrait qu'on parle de pourquoi je suis rentré.» Pourquoi il a été condamné à vingt-cinq ans de prison. Pourquoi il a fait «ça». «Au parloir, explique-t-il à L'Express, je suis comme une personne malade qu'on vient visiter, on me ménage.» Son père est reparti soulagé: «Il fallait crever l'abcès, peut-être n'en parlera-t-on plus jamais.»
Quand le système sera rodé, les familles pourront rester trois jours, sans interruption. Le père de Lionel hésite: «En vieillissant, je deviens un peu claustro, alors deux nuits sous les verrous...» Il préférerait que son fils les passe avec une copine. D'ailleurs, sur la future fresque du patio, il verrait bien des mouettes et un coucher de soleil. Plutôt qu'un grand mur gris.
(1) Les prénoms des détenus et de leurs proches ont été modifiés.
Source http://www.lexpress.fr/informations/une-maison-derriere-les-barreaux_677951.html
Une maison derrière les barreaux
Rien sur les murs. Pas une photo. La cellule semble inhabitée. Une casserole vide, une étagère vide. Seule l'étiquette sur la porte à l'entrée témoigne de la présence de Didier (1). «Il est étonnant, ce gars-là, lâche le surveillant. Il mène une vie d'ascète.» Le détenu d'à côté a affiché la bouille d'un bébé au-dessus du lit. Un autre, l'almanach des pompiers; une page arrachée chaque jour, 3 650 fois qu'il répète le geste. Didier, lui, a été condamné à seize ans de réclusion. De sa fenêtre, il aperçoit l'hippodrome et les barbelés du centre pénitentiaire d'Avignon-Le Pontet (Vaucluse). «Au début, des photos de ma fille, il y en avait partout, confie-t-il. J'ai fini par les enlever. Ça me ronge de les voir, ça me renvoie à mes vieux démons.»
Il a l'air costaud, comme ça, Didier, avec ses gros biceps. En huit ans, il est déjà passé par les Baumettes, à Marseille, les prisons de Lyon, Toulouse et Nîmes. Et voilà que ce grand brun en treillis lâche, les bras croisés: «Il y a dix jours, ma fille et moi, on a regardé Bambi en DVD.» Pas dans sa cellule aux murs nus, mais dans l'un des deux appartements aménagés au sein même de la prison: une unité de visite familiale (UVF).
Au total, il en existe sept dans les 189 établissements de France. Celle du Pontet est l'une des plus récentes, avec celles ouvertes en septembre dans les centres pénitentiaires de Liancourt (Oise), Toulon-La Farlède (Var) et Meaux-Chauconin (Seine-et-Marne). Ce dispositif, inspiré de ce qui se fait depuis longtemps au Canada ou dans les pays scandinaves, a été lancé en 2003, d'abord à titre expérimental, par le ministère de la Justice. L'objectif est de maintenir les liens entre les condamnés à de longues peines, qui n'ont aucune permission de sortie, et leur famille dans la plus stricte intimité. Et, du coup, de mieux préparer leur sortie. Au rythme d'une fois tous les trois mois, les retrouvailles durent six heures au début, puis vingt-quatre, quarante-huit, et, si tout va bien, jusqu'à trois jours. «On leur décrit l'UVF comme une location de vacances, on dresse l'état des lieux à la petite cuillère près, explique Annie Garnero, l'assistante sociale du service d'insertion. S'il y a la moindre dégradation, le détenu est tenu pour responsable.»
Un patio à l'air libre, ou presque. Un carré de pelouse synthétique surplombé d'une toile d'araignée métallique. Sur la table de jardin, une nappe ornée de citrons. La porte vitrée donne sur l'intérieur: un canapé, des rideaux, un bouquet de tournesols. C'est du Ikea hypersécurisé - un interphone par pièce - mais plus de bruit d'écrous ni de talkie-walkie qui grésille. Du silence. Les détenus apprécient. «La veille, j'étais tellement excité que j'ai fait 150 pompes!» plaisante Didier. Le 4 novembre, sa femme et sa fille l'ont rejoint dans le F2. La petite a 5 ans. C'est un «bébé parloir». Elle n'a jamais passé six heures d'affilée avec son père. Ils ont joué à cache-cache, elle riait aux éclats. «Je ne vais pas me permettre de refaire toute son éducation, raconte Didier. Je suis puni, je l'assume. Mais j'ai de nouveau le sentiment d'être papa. C'est une grande avancée, l'UVF, ça permet de tenir.» Son épouse, Catherine, respire: «L'équipe m'a accueillie comme un être humain, pas comme une coupable. J'ai subi tant de moments avilissants, au parloir... On vous fiche la honte si le portique sonne: "C'est votre soutien-gorge à armature! " On vous dégoûte de venir. Ici, les surveillants m'ont même encouragée à aller chercher le doudou de ma fille dans la voiture.»
Quand la porte s'ouvre, elle tremble comme une gamine
Les conditions d'accès à l'UVF sont drastiques. Au centre pénitentiaire d'Avignon-Le Pontet, la commission d'attribution réunit, une fois par mois, psychologue, surveillants, assistantes sociales et la directrice adjointe, Sophie Masselin. En cas de désaccord, c'est elle qui tranche. Le prisonnier, lui, doit rédiger une lettre de motivation. Sa vie est épluchée: dossier pénal, comportement, hygiène, situation financière. Le visiteur, aussi, doit écrire et surtout être parfaitement informé des faits commis. «On prend une responsabilité énorme, souligne Sophie Masselin. La réinsertion doit passer par le maintien du lien. Mais on se heurte parfois à deux versions: le détenu vous décrit une relation extraordinaire; sa femme, elle, semble plus réticente et le surveillant nous rapporte que l'enfant pleure trois quarts d'heure au parloir. Quelquefois, la gravité des faits, la violence de la relation passée peuvent nous heurter, mais nous ne sommes pas là pour juger, plutôt pour nous assurer que la personne vient ici en toute liberté.»
A 9 heures, un matin de septembre, Hélène a franchi le portique en bottes Chanel et robe Jean Paul Gaultier - les cadeaux de son mari Francis, vestiges de la vie d'avant. Il purge une peine de vingt-deux ans. Leur couple a survécu à l'épreuve des barreaux malgré la distance, le coût de l'hébergement, l'absence d'intimité. Hélène n'a jamais manqué un parloir en quatorze ans. Quand la porte de l'appartement s'est ouverte sur Francis, elle tremblait comme une gamine: «J'avais le coeur qui s'emballait.» Un café, le premier depuis une éternité. Puis son mari lui a préparé des pâtes à la sauce tomate. D'habitude, c'est elle qui le chouchoute. Là, ça lui a fait un bien fou, interdiction de se lever: «Si tu viens, tu es mon invitée!» Cheveux grisonnants, barbe naissante, lui aussi se livre, ému: «C'était comme un premier rendez-vous amoureux.» Le couple s'est retrouvé deux fois à l'UVF. Sans les enfants. «On a été un peu égoïstes, poursuit-il. Je suis privé de liberté, j'accepte la sanction, mais il faut nous libérer dans notre tête, sinon on devient aigri.»
Une voix féminine, au micro, intervient à 11 h 30: «Vous allez avoir la distribution du pain.» Ce mercredi matin, ça s'agite dans l'UVF. Un homme retrouve sa femme et leurs quatre enfants. En leur apportant la baguette, les deux surveillants, Xavier Brousset et Laurent Genot, en profitent pour jeter un oeil. Ce sera la seule fois. Madame sur le canapé, monsieur avec les petits, tout va bien. «C'est gratifiant, on sort de l'idée du maton pur et dur où il y a peu de sentiment et que du règlement, relève Laurent Genot. Des rapports humains s'établissent.»
N'empêche, bon nombre de collègues ont grincé des dents à l'ouverture de l'UVF: pas question, disaient-ils, de devenir des «gardiens de bordel»! Ceux qui acceptent d'y travailler sont surnommés les «Madame Claude» ou les «Monsieur Durex». Difficile de déverrouiller le tabou de la sexualité en prison. Déjà, au début des années 1980, Robert Badinter, alors garde des Sceaux, avait décidé d'aménager des appartements expérimentaux à Casabianca (Haute-Corse), à Mauzac (Dordogne) et à Val-de-Reuil (Eure). Devant la fronde des syndicats de surveillants fustigeant le caractère «exorbitant» de ce nouveau «droit», le ministre avait dû faire machine arrière. «Soit on décrit les prisons comme des pourrissoirs, soit comme des hôtels 4 étoiles, regrette Gilles Capello, directeur du centre pénitentiaire d'Avignon-Le Pontet. J'entends souvent que les détenus, nourris, blanchis, sont mieux logés que les étudiants! En réalité, la prison reste un monde d'une grande violence matérielle et psychique. L'UVF ne sert pas à assurer le gîte et le couvert, il s'y passe quelque chose de fort.»
Pour reparler des faits, c'est plus intime que le parloir
D'abord, un retour à la réalité. Il y a ce père, déconnecté du quotidien, qui n'a commandé que des madeleines et des bonbons. Un autre qui s'est senti perdu entre la cuisine et le salon. Trop d'espace! Un troisième qui a dû cantiner, acheter le repas, avec une monnaie étrangère: l'euro. «L'UVF n'est pas qu'une carotte, cela peut être un déclencheur, relève Christophe Prat, psychologue chargé du projet d'exécution des peines. En ce moment, on s'inquiète, par exemple, au sujet d'un détenu pour qui rien ne marche, ni la menace, ni la coercition, ni le dialogue. La paternité est le seul fil par lequel on peut encore l'attraper.»
Pour beaucoup de familles, enfin, cette plage d'intimité totale permet de reparler des faits. Lionel et ses parents n'avaient jamais évoqué «l'affaire» depuis dix ans. A la fin de leur premier déjeuner, le détenu a rangé la vaisselle dans l'évier. Son père s'est enfoncé dans le canapé. Un moment de silence, et Lionel s'est jeté à l'eau: «Faudrait qu'on parle de pourquoi je suis rentré.» Pourquoi il a été condamné à vingt-cinq ans de prison. Pourquoi il a fait «ça». «Au parloir, explique-t-il à L'Express, je suis comme une personne malade qu'on vient visiter, on me ménage.» Son père est reparti soulagé: «Il fallait crever l'abcès, peut-être n'en parlera-t-on plus jamais.»
Quand le système sera rodé, les familles pourront rester trois jours, sans interruption. Le père de Lionel hésite: «En vieillissant, je deviens un peu claustro, alors deux nuits sous les verrous...» Il préférerait que son fils les passe avec une copine. D'ailleurs, sur la future fresque du patio, il verrait bien des mouettes et un coucher de soleil. Plutôt qu'un grand mur gris.
(1) Les prénoms des détenus et de leurs proches ont été modifiés.
Source http://www.lexpress.fr/informations/une-maison-derriere-les-barreaux_677951.html
La souris- Admin
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