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[Info] les diplômes en prison

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[Info] les diplômes en prison

Message  Tatie le Mer 22 Juin 2016, 11:33

en prison aussi, on passe des diplômes


Ce mardi 21 juin, une cérémonie était organisée à la prison de Saint-Quentin-Fallavier afin de remettre officiellement leur diplôme à une trentaine de détenus.

Les examens, les diplômes, c'est de saison. Et il n'y a pas que sur les bancs du collège ou du lycée qu'on les prépare, en prison aussi. Ainsi, à Saint-Quentin-Fallavier, chaque semaine,  en moyenne, 150 détenus suivent les cours au centre scolaire. Pour certains, ça dure quelques jours, pour d'autres plusieurs mois. En raison du turn-over et des choix de chacun, tous ne se présentent pas à un examen. L'an passé, entre les examens via le service scolaire et ceux de la formation professionnelle, 150 détenus ont obtenus un diplôme : brevet, diplôme d'étude de la langue française, CAP, titre professionnel de peintre en bâtiment, formations premiers secours....

Les raisons qui poussent les détenus à franchir le pas sont différentes : certains avouent que c'est pour pouvoir sortir de la cellule, d'autres car les magistrats sont sensibles à la démarche et accordent des remises de peine. Ce trentenaire, comme beaucoup d'autres, veut préparer l'après : "je travaillais comme maçon avant mais ayant arrêté l'école tôt, je n'ai aucun diplôme. Là, je montre que je peux réussir et ça m'aidera pour trouver des contrats plus tard." Un de ses camarades reconnaît aussi que le succès à l'examen est important pour l'estime de soi : "ça nous valorise et nous redonne confiance."

Une seconde chance avec l'espoir de trouver plus facilement du travail

Pour Sylvie Lemoine, la responsable de l'enseignement, ces détenus doivent être particulièrement motivés : "pour beaucoup, ils n'ont pas de bons souvenirs de l'école. La plupart l'ont quittée tôt. Là, ils montrent qu'ils font des progrès et qu'ils peuvent réussir". D'après la directrice de la détention, les détenus-élèves sont plus sereins : "ils vivent mieux leur passage en prison".

Quant à savoir si ces diplômes facilitent l'obtention d'un emploi ou la poursuite d'études à la sortie, "c'est frustrant, mais on ne peut pas avoir de bilan" avoue Jean-Luc Charvet, qui chapeaute les formations professionnelles. En effet, redevenus libres, les détenus ne sont pas obligés de donner de nouvelles. Jean-Luc Charvet poursuit : "c'est une seconde chance qu'on leur donne, à eux ensuite de jouer !"

reportage audio dans ce lien


Dernière édition par Tatie le Mer 22 Juin 2016, 12:33, édité 1 fois

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Re: [Info] les diplômes en prison

Message  Invité le Mer 22 Juin 2016, 12:06

quelles que soient les raisons qui les aient conduits à passer ces diplômes,
ce sera toujours un plus dans l'avenir.
félicitations à eux pour le pas franchi et le diplôme obtenu.

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Re: [Info] les diplômes en prison

Message  Tatie le Mer 22 Juin 2016, 12:33


Le bac en prison


Tous les ans, des détenus passent le bac en prison. Cette année, ils sont environ 300 candidats. L’Etudiant est allé à la rencontre de l’un d’eux à la maison d’arrêt de Nanterre, dans les Hauts-de-Seine. Reportage.

“Je serai vraiment fier d’avoir mon bac, lâche, d’une voix posée, Medhi. C’est important pour moi de voir de quoi je suis capable.” Incarcéré à la maison d’arrêt de Nanterre, le jeune homme âgé de 32 ans entend bien décrocher son bac professionnel gestion-administration.

Ce vendredi matin 17 juin, il planche sur l’épreuve prévention-santé-environnement (PSE). Dans l'une des sept salles de cours que compte “l’école”, ils sont quatre détenus à noircir des copies anonymes sous le regard attentif de deux enseignantes. Par intermittence, le soleil s’insinue à travers les barreaux des fenêtres, inondant la salle d'une lumière crue.


Se montrer motivé

Ils sont quelque 300 détenus en 2015 à passer le bac en prison. À Nanterre, “l’école” accueille 120 adultes, tous volontaires, encadrés par 22 enseignants dont six permanents. “Les élèves sont de niveaux très hétérogènes. Nos cours vont de l’alphabétisation, à la préparation au bac, voire aux études supérieures à distance”, précise Sylvie Paré, la dynamique responsable locale de l’enseignement. Cela fait quinze ans que cette institutrice spécialisée tente de redonner le goût d’apprendre aux détenus sans jamais se défaire de son sourire bienveillant.

A leur arrivée à la prison, elle reçoit tous les détenus et leur explique le fonctionnement de l’école. Pour être retenus, mieux vaut être motivé ou être scolarisé au moment de l’incarcération. “Certains peuvent être tentés de rejoindre l’école pour “s’occuper”. Mais avec 24 heures de cours par semaine, ils ne tiennent pas sur la durée. S’ils sont trop souvent absents, ils sont renvoyés”, prévient la responsable.
Sur les 25 candidats inscrits au bac pro GA, au final, seulement quatre le passent dans les locaux de la prison. “Entre les libertés conditionnelles ou les transferts, il y a beaucoup de turn-over parmi les détenus, note Sylvie Paré. Quand ces changements ont lieu au moment des examens cela pose problème.” Et la responsable de raconter l’exemple d’un jeune qui a refusé une remise de peine la veille de passer le bac.

Un candidat au bac comme un autre

Pour Medhi, suivre les cours et préparer le bac s’est imposé comme une évidence. “Je me suis dit que comme j’étais bloqué ici, autant mettre ce temps à profit et préparer un diplôme qui pourra m’aider à trouver un boulot à la sortie et qui me sera utile dans la vie quotidienne, pour remplir des documents administratifs, par exemple”.

Aujourd’hui, le jeune homme est un candidat au bac comme un autre. Il planche sur les mêmes épreuves que ceux scolarisés en lycée, dans les mêmes conditions, et ses copies seront mélangées aux autres et donc corrigées par les mêmes jurys. Seules différences : en maison d’arrêt, il n’y a pas de contrôle continu (toutes les évaluations sont ponctuelles) et ce sont les jurys qui se déplacent pour les oraux. Quant aux stages, obligatoires en bac professionnel (réduit à 10 semaines au lieu de 22), ils se déroulent à l’intérieur de la prison. “Comme les élèves ne peuvent pas sortir, c’est le travail qui vient à eux”, explique Sylvie Paré. Quitte parfois à lui donner un côté artificiel : “Notre stage a consisté à effectuer des tâches administratives pour “l’école” et à réfléchir à un nouvel aménagement des locaux de celle-ci. On n’était pas dans une situation professionnelle réelle. On a joué à faire comme si”, regrette le jeune homme.

Sylvie Paré est la responsable locale de l'enseignement. Son objectif : redonner le goût d'apprendre aux détenus



Un parcours semé d’embûches

Préparer un bac en prison s’apparente à un véritable parcours du combattant. “Entre les surveillants qui ne viennent pas nous chercher pour descendre à l’école ou nous oublient, les parloirs, les rencontres avec l’avocat ou encore les extractions judiciaires, j’ai raté beaucoup d’heures de cours”, déplore le candidat au bac. Et d’évoquer, le bruit permanent et la cohabitation : “Nous sommes quatre dans la même cellule, certains veulent regarder la télé quand il faudrait que je travaille. C’est très difficile de se concentrer”. Sans parler des promenades et du sport auxquels il faut renoncer pour suivre les cours.

Parmi les points positifs : les enseignants. “Ils sont impliqués, motivés et n'hésitent pas à mettre les cours de côté quand nous sommes absents”, souligne Medhi, des sourires dans la voix. Sylvie Paré d'ajouter : “La plupart de nos élèves sont des décrocheurs, d’où la nécessité de travailler sur la revalorisation. L’idée est de leur montrer qu’ils savent des choses. Il faut les mettre en confiance et leur redonner le goût d’apprendre”.

À quelques heures de la fin des épreuves, Medhi se veut prudent : “Je ne suis pas mécontent de ce que j’ai rendu mais je ne connais pas le niveau attendu. En langues et dans les matières générales, je suis plutôt à l’aise, c’est moins vrai dans les disciplines professionnelles”, pointe le jeune homme qui a quitté le lycée en première ES. En attendant les résultats et la cérémonie de remise de diplôme en présence du directeur académique et du directeur de la prison, Medhi se verrait bien poursuivre en BTS PME/PMI ou compta... en cours du soir.

l'etudiant-22-06-16

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Re: [Info] les diplômes en prison

Message  Invité le Jeu 23 Juin 2016, 18:46

Enfin on aura eu un article sur le sujet, c'est déjà bien.
Pour avoir accompagné une personne qui a fait des études en prison, il faut effectivement reconnaître qu'il faut une sacrée motivation et une sacrée volonté. Sans doute qu'un entourage administratif impliqué et bienveillant est un plus pour réussir. Mais parfois les Universités et leur implication dans des cursus où le candidat est totalement absent des cours et TD rendent également de telles études possibles. La encore toutes les universités ne fonctionnent pas de la même manière.

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