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[partenariat OIP] Prisons : la honte + l'insécurité

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[partenariat OIP] Prisons : la honte + l'insécurité

Message  Invité le Mar 09 Aoû 2016, 22:20

[A lire absolument] Cet article répond au populisme qui est désormais la seule ligne de discours des personnalités politiques en ce qui concerne les politiques pénales. Un phénomène qui illustre un manque de courage qui ne fait qu'aggraver une problématique cruciale. 
Extrait : "Nous devons renverser cette mécanique folle. Le cas dramatique d'Adel Kermiche, l'un des assassins du Père Hamel à Saint-Étienne-du-Rouvray, qui était sous bracelet électronique, ne doit pas nous aveugler : comme le rappelle Adeline Hazan, les mesures d'aménagement de peine sont beaucoup moins coûteuses et plus efficaces en matière de réinsertion et de non-récidive que les places de prisons supplémentaires - lesquelles ne se créent pas d'un trait de plume. Dans notre société sous tension, la question de la réinsertion est parmi la moins comprise. C'est pourtant en réduisant la récidive qu'on limitera le nombre de détenus. C'est-à-dire en réussissant la sortie de prison, la rupture avec la délinquance." OIP

« Un plan spécifique, concret, précis » et « financé » pour les prisons françaises. Voilà ce qu'a annoncé le Premier ministre, Manuel Valls...

Un plan spécifique, concret, précis » et « financé » pour les prisons françaises. Voilà ce qu'a annoncé le Premier ministre, Manuel Valls, accompagné du garde des Sceaux, Jean-Jacques Urvoas lors de sa visite de la maison d'arrêt de Nîmes. Avec 406 détenus pour 192 places, celle-ci illustre tristement le surpeuplement des prisons françaises. Un nouveau record a été atteint en juillet avec 69 375 personnes incarcérées pour 58 311 places.

Comme le rappelait hier matin, sur France Inter, Adeline Hazan, contrôleure général des prisons, les droits fondamentaux des détenus au maintien du lien familial, au travail et à la santé sont bafoués. Un chiffre donne le vertige : celui des 1 600 matelas au sol nécessaires pour faire face au surnombre ! Et l'on ne parle pas de l'état des locaux. Des conditions que la « ménagère de Carpentras » n'imaginerait pas pour son chien !

La crise est systémique : le personnel pénitentiaire se trouve dans l'incapacité d'accomplir correctement ses missions. Hygiène, santé, travail, nourriture, formation, visites, préparation à la réinsertion... Tout en pâtit.

En amont, la justice est engorgée et les juges mesurent les effets délétères de l'état des prisons. Ils hésitent parfois (pas si souvent) à y envoyer ou à y maintenir les « petits » ou les « jeunes » délinquants. Ce qui plonge les policiers dans l'incompréhension, tant ils ont l'impression de vider la mer avec une petite cuillère... Même les aménagements de peines souffrent, finalement, de cette situation, parce que les conditions d'appréciation et de suivi sont faussées !

Une école du crime

On ne mettra pas fin à cette crise simplement en augmentant le nombre de places en prison, comme on le fait depuis des années, en pensant répondre au besoin de sécurité croissant qu'expriment les Français. Cette politique de la fuite en avant, nous en avons les résultats sous les yeux : la prison est plus une école du crime qu'un outil pour conduire les délinquants à s'amender et à reprendre une place responsable et citoyenne dans la société.

Nous devons renverser cette mécanique folle. Le cas dramatique d'Adel Kermiche, l'un des assassins du Père Hamel à Saint-Étienne-du-Rouvray, qui était sous bracelet électronique, ne doit pas nous aveugler : comme le rappelle Adeline Hazan, les mesures d'aménagement de peine sont beaucoup moins coûteuses et plus efficaces en matière de réinsertion et de non-récidive que les places de prisons supplémentaires - lesquelles ne se créent pas d'un trait de plume.

Dans notre société sous tension, la question de la réinsertion est parmi la moins comprise. C'est pourtant en réduisant la récidive qu'on limitera le nombre de détenus. C'est-à-dire en réussissant la sortie de prison, la rupture avec la délinquance. Mais nombre de Français aimeraient que les personnes dangereuses ne soient jamais libérées et le terrorisme aggrave cette humeur mauvaise. Or bien des hommes politiques caressent cyniquement le poil des électeurs dans ce non-sens-là.

En cette matière comme dans quelques autres, notre pays ne veut pas voir. De temps à autre, il est rattrapé par la réalité des chiffres, ou par une révolte carcérale, ou par un raté dramatique de la réinsertion. On s'indigne, on ajoute de nouvelles des lois, on annonce des plans et rien ne change au fond. Faute d'une politique résolue et expliquée à la population, le problème s'aggrave d'année en année. Pour notre honte... et notre insécurité 

Source Ouest France.fr

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