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[Actu-discussion] les "auxis" ou les petites mains de la prison

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[Actu-discussion] les "auxis" ou les petites mains de la prison

Message  Tatie le Sam 17 Juin 2017, 09:13

On se sent presque dehors": sous une fenêtre à barreaux, Julien émince des légumes dans la cuisine de la prison de Carcassonne. Il fait partie des "auxis", ces détenus qui travaillent pour l'administration pénitentiaire, notamment dans le but d'obtenir des remises de peine.

Dans cette maison d'arrêt, où vivent 122 prévenus et condamnés (pour 64 places), 9 détenus sont affectés au "service général": buanderie, ménage, cuisine, distribution des repas, maintenance.

Installés dans un quartier spécifique au rez-de-chaussée, ils ont "porte ouverte" dans la journée, reçoivent une petite rémunération et peuvent obtenir, sous conditions, trois mois de remise de peine par an.

"On se sent utiles, on se sent même presque dehors, presque à l'extérieur, quand on travaille ici", affirme Julien, 35 ans, dans le vacarme des ustensiles. En détention, "on est enfermés 22h sur 24" donc "forcément c'est un peu plus long, le temps passe tout doucement".

Avec ses 330 euros par mois, il peut "indemniser les parties civiles" et "cantiner" pour se payer "un petit confort" en cellule: "plaque de cuisine, ventilateur, bouilloire", énumère cet ancien chauffeur routier et ex-DJ, écroué depuis un an et demi.


Quelques portes à verrous plus loin, Thierry, 51 ans, travaille depuis décembre comme "auxi travaux", après un an de détention. C'est lui qu'on appelle "quand il faut réparer une télé, quand les siphons sont bouchés", résume-t-il.

"La vision de la prison n'est pas la même (quand on est) enfermé en permanence et (qu'on ne sort que) deux heures et demi par jour dans la cour", estime-t-il au milieu de son atelier empli d'objets abimés et d'outils. Il envoie "la plupart" de ses 317 euros mensuels à sa compagne et à son "gosse de 10 mois", et compte reprendre son garage en sortant de prison.

- 'entre deux chaises' -

Ils font partie de ces quelque 10.000 "auxis" employés par l'administration pénitentiaire, dont les conditions de travail font l'objet de critiques.

Dans un avis de février, le Contrôleur général des prisons avait jugé "largement insuffisantes" la "qualité de l'offre et la diversité du travail".

"Il n'y a pas beaucoup de travail, surtout en maison d'arrêt", reconnaît Clémence Rullier, conseillère pénitentiaire d'insertion et de probation, qui suit des détenus à Carcassonne. Mais quand ils en ont un, "ça les maintient dans une dynamique d'activité" et ça "leur permet certainement plus facilement de se réadapter à l'extérieur."

"Tout détenu peut demander à travailler", précise Olivier Vilmart, chef d'établissement. Pour les prévenus, il faut "l'autorisation du juge d'instruction". Ensuite, "ils sont choisis par rapport à leurs compétences": si "le détenu est indigent ou pas, son comportement...".


Dans les coursives de la seule prison du département de l'Aude, qui se dresse depuis 1898 dans le centre-ville face à la célèbre citadelle, 8 autres détenus travaillent pour une imprimerie et 18 places de formation existent.

Difficile de savoir ce que pensent les autres détenus des "auxis", mais ceux-ci assurent ne pas être des "loups noirs". "En tant qu'auxis on est enviés par certains détenus, c'est sûr que les places sont chères, comme on dit. Mais après on est quand même bien respectés", estime Julien.

L'"auxi" a "un peu le cul entre deux chaises", entre les détenus et les surveillants, estime Jean-François Alonzo, chargé de cours d'histoire à l'École nationale de l'administration pénitentiaire (ENAP) d'Agen. "Pour les détenus, ils font des tâches parfois ingrates, le fait qu'ils aient une certaine liberté, ça peut laisser place à une suspicion".

Il peut y avoir "de la jalousie" et "des pressions" pour faire circuler des objets interdits dans la prison - téléphone, stupéfiants, courriers... - observent les premiers surveillants, dans leur bureau près des cellules.

"C'est d'autant plus difficile de les choisir, ces gars-là", ajoutent ces gradés qui souhaitent rester anonymes. Si l'un d'entre eux est "attrapé à trafiquer", "c'est sans pardon. On déclasse immédiatement". A tout moment, une commission pluridisciplinaire unique (CPU) peut relever l'"auxi" de ses tâches.


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Dernière édition par Tatie le Sam 17 Juin 2017, 09:24, édité 1 fois
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Re: [Actu-discussion] les "auxis" ou les petites mains de la prison

Message  Tatie le Sam 17 Juin 2017, 09:24

Votre proche a-t-il ou compte-t-il demander un poste d'auxi?

comment ce travail est-il considéré par les autres?

que savez-vous de ces postes d'auxi
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