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[info-discussion] les co-détenus de soutien

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[info-discussion] les co-détenus de soutien

Message  Mehdigwen le Mer 23 Aoû 2017, 12:54

des co-détenus de soutien pour éviter le suicide
Strasbourg - Son nouveau compagnon de cellule, à peine arrivé, sort une lame de rasoir pour se trancher les veines: il lui retire et se prépare à une longue nuit. Le nouveau a prévenu: "Si tu dors, je passe à l'acte".
A. est co-détenu de soutien, recruté par la direction de la maison d'arrêt de Strasbourg et mobilisé lorsqu'un pensionnaire semble sur le point d'attenter à ses jours.
Strasbourg figurait parmi les premiers établissements pilotes. Ils sont aujourd'hui sept et l'on ne parle plus d'expérience. Au moins trois autres sont sur les rangs.
"Les co-détenus sont là au moment où les autres mécanismes de prise en charge ne sont pas disponibles", notamment la nuit et le week-end, explique Alain Reymond, directeur de la maison d'arrêt de Strasbourg.
Comme la vingtaine d'autres co-détenus de soutien (ou CDS) qu'a connus Strasbourg depuis 2010, A. a été formé par Jean-Louis Terra, référent sur le sujet au niveau national et professeur à l'université Lyon 1.
En août, cette maison d'arrêt surpeuplée comptait 8 CDS, mais ils ne sont plus que deux en ce début mars. "Le principal souci qu'on rencontre, c'est l'érosion des équipes", souligne M. Reymond.
"La situation des gens peut évoluer très rapidement", poursuit le chef d'établissement. "Ils peuvent bénéficier d'un aménagement de peine, d'une remise en liberté. Et comme ce sont des gens qui ont des profils plutôt favorables, (...) quand ils la demandent, souvent, ils l'ont."
Une nouvelle session de formation aura lieu mi-mai, se réjouit Béatrice Gerges, responsable départementale des actions sociales de la Croix Rouge, qui se rend tous les quinze jours à la maison d'arrêt pour échanger avec les co-détenus de soutien.
Trois candidats sont déjà identifiés. Les bons profils sont rares et les volontaires encore plus. Car il n'y a rien à gagner de concret pour ceux qui s'engagent.
Pas d'avantage matériel, pas de remise de peine, et encore moins de rémunération.
- Les angoisses du 'choc carcéral' -
"Quand je sors de trois jours avec quelqu'un et que je sens que ça va mieux, c'est gratifiant", dit B., l'autre co-détenu de soutien de Strasbourg.
"J'ai le sentiment de redevenir celui que j'étais dehors", décrit B. "Parce qu'il faut le dire: quand on entre ici, on perd tout. On n'est plus rien."
Souvent, les cas les plus préoccupants sont d'ailleurs de nouveaux arrivants, confrontés au fameux "choc carcéral".
"Il y a une angoisse", explique B., au contact de cette maison d'arrêt sans âme à l'architecture labyrinthique. "C'est vrai qu'on voit beaucoup de choses à la télé. Ils ont peur de se faire agresser. On les rassure."
Parler, mais surtout écouter. Parfois pendant des heures, des nuits entières. Et régulièrement, s'il y a bien angoisse, elle n'a rien à voir avec la prison.
"Il y en a un qui m'a réveillé à trois heures du matin pour que j'écrive une lettre." Du "courrier du coeur", comme dit B., des mots que l'autre peut dire mais n'arrive pas à écrire.
Après deux ou trois jours dans cette ambiance extrême, B. ne sort pas indemne. "Il y a une décompression. J'en ai chialé, des fois."
Il remplit une fiche, rend compte de son action, donne son diagnostic, mais ne dira rien du véritable contenu des échanges avec son co-détenu.
"C'est la question sur laquelle on insiste beaucoup auprès d'eux", détaille M. Reymond.
"S'ils sont perçus comme des auxiliaires d'administration", analyse-t-il, "ils n'auront plus la confiance des gens qu'ils pourraient prendre en charge."
Impossible de mesurer l'efficacité du dispositif, car "on ne peut pas déterminer le nombre de passages à l'acte qu'on évite", prévient M. Reymond.
Pour autant, s'il y a bien eu deux suicides en 2014 à Strasbourg, ils concernaient des détenus qui ne présentaient aucun signe extérieur identifié et n'avaient pas fréquenté les co-détenus de soutien.

L’obs mars 2015

- Que pensez-vous de ce dispositif ?
- peut-il être efficace ?
- les co-détenus de soutien devraient-ils être rémunérés ou avoir des compensations ?
- si oui, les quelles ?

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[info-discussion] les co-détenus de soutien

Message  Atipika le Mer 23 Aoû 2017, 13:11

Bonjour, alors ce dispositif m'a l'air d'être une très bonne idée et ça peut très certainement aider des gens.
Ma compagne m'a toujours dit que le moment le plus difficile à supporte en détention était la tombée de la nuit et la nuit.
Alors avoir quelqu'un qui te surveille, prend soin de toi, se comporte comme un ami en fait sur qui tu peux compter, je pense que ça doit sacrément aider en période difficile.
Le problème de la compensation est plus complexe, je suppose que ces détenus le font avant tout pour aider les autres, un peu comme nous finalement, bénévolement, avec le cœur.
Mais certains détenus sont dans une telle précarité...
J'espère qu'ils peuvent au moins eux-mêmes avoir accès à un psychologue pour les aider car ça doit être bien difficile des fois de soutenir les autres quand on est soi-même dans une situation loin d'être idyllique.
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