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[témoignage]dans le quotidien des détenus condamnés à la perpétuité

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[témoignage]dans le quotidien des détenus condamnés à la perpétuité

Message  Tatie le Lun 04 Déc 2017, 08:52



La Maison Centrale de Saint-Maur est une prison dédiée aux «longues peines». C'est l'un des quatre établissements les plus sécurisés de France. l'administration pénitentiaire y prend en charge des RCP - réclusion criminelle à perpétuité - des DPS - détenus particulièrement surveillés - ou des terroristes.

«Les cadors on les retrouve aux belles places, nickel. Les autres c’est Saint-Maur, Chateauroux Palace, plus d’ciel», dit la chanson de Souchon. Pour les 204 détenus de la maison centrale de Saint-Maur, l’horizon y est tout aussi sombre que ne l’est leur passé. Parfois depuis et pour des décennies.
C’est un euphémisme de dire qu’on y purge de longues peines. «Leur moyenne est d’environ 15 ans», note un surveillant. 35 détenus sont RCP, le jargon de prison pour dire «réclusion criminelle à perpétuité.» L’un d’eux - on l’appelera Monsieur M. - est derrière les barreaux depuis 1976. Sa santé vacillante. Il n’est plus que l’ombre de lui-même. Son nom parle à tout le monde. La loi interdit de le citer, comme celui des autres détenus. Par respect pour les victimes, notamment.


Le triptyque sport, travail, promenade

La liberation récente de Patrick Henry, décédé dimanche, passé lui-même par Saint-Maur, a remis en lumière la délicate question de ces «longues peines.» «Des individus qui ont vocation à regagner la communauté des hommes», la directrice de la centrale. Une gageure, au regard de la nature des faits pour lesquels ils ont été condamnés, et de ces années où leur espace-temps s’est comme dilué. «Ces cinq ans passés ici, honnêtement, je ne les ai pas vu filer», souffle Omar,* déjà 13 années de détention au compteur pour un trafic de stupéfiant. Mais pour la majorité, «c’est long, c’est l’ennui», résume Michaël, 43 ans, «sept mois dehors sur les vingt dernières années.» «Je ne suis pas un ange. Le dossier est lourd», reconnaît-il, regard rivé sur sa fin de peine, en 2021.
Omar égrène ses journées, son emploi du temps millimétré. Tout tourne autour du triptyque sport, travail, promenade. Soit sept mouvements quotidiens au maximum, et autant de possibilités pour les détenus de quitter ces cellules individuelles où chacun tente de se recréer un semblant de chez soi. Celle de Michel a des allures d’appartement témoin, meubles en simili acajou ornés de rangées de DVD. En général, l’aménagement reste sommaire. «Tout est cher en prison», râle Philippe.* Le moindre aliment «cantiné» voit son prix doublé par rapport à l’extérieur. Le choix est par ailleurs limité. «Depuis la suppression du catalogue de La Redoute, et comme on n’a pas Internet, on ne peut même plus commander d’habits», déplore Yves, l’un de ses co-détenus.


« La société de dehors, vous la retrouvez à l’intérieur »

Les récriminations sont nombreuses, parfois justifiées face à une administration par définition peu réactive. D’autres complaintes semblent plus routinières. «Souvent, je leur demande ce que ça leur fait d’être victimes une fois dans leur vie ?», plaisante un surveillant. A Saint-Maur, l’objectif est clair : «donner un sens à la peine, et faire que chacun d’entre eux en soit le moteur», décrit la directrice. Pour cela, chaque détenu est inscrit dans un PEP, un plan d’exécution de la peine, qui voit son attitude au quotidien être disséquée par les personnels. Sont notés les pas en avant, comme ceux de côté.
«La maison d’arrêt (NDLR : où les détenus sont en attente de jugement), c’est comme un HLM, mais une Centrale comme ici, ce serait plutôt une zone pavillonnaire où les gens sont propriétaires», compare Sébastien. Ex-militaire, il est le «tôlier» du bâtiment A. «Une prison dans la prison» qui regroupe les quartiers d’isolement et disciplinaires. L’homme possède le physique du boxeur qu’il fut, et une intelligence de la vie forgée par les années de «QD» et de «QI». «Après, c’est comme partout, complète-t-il. Y a toujours un mauvais coucheur qui embête le voisinage...» «La société de dehors, vous la retrouvez à l’intérieur, appuie Michel, un détenu du «A». Y’a les anciens, et les jeunes qui n’ont plus le respect de rien.»
Lui a volontairement choisi d’être séparé des autres détenus, ceux des batiments B et C, aux conditions de détention plus classiques. Les trois rectangles parrallèles forment la colonne vertébrale de cette centrale, mise en service en 1975. Michel y fait montre d’une discipline à toute épreuve. La journée, «ça va.» Le soir en revanche, «tout remonte quand je suis en cellule», surtout «ce jour-là, où il est arrivé ça.» Un corps qui tombe à l’issue d’une bagarre sur fond d’alcool. La seconde fois dans son existence. «On m’a dit que c’était moi. Je ne m’en rappelais pas. Mais ça devait être le cas.» Le sexagénaire est accablé par sa «seconde prison», celle qu’il ressent aussi quand il pense à sa femme, dehors, «gravement malade.» «J’ai à moitié la tête ici, l’autre avec elle.»

Le mur d’enceinte... et l’autre mur

«Pour beaucoup, il y a un double mur, résume, l’un des psychologues de Saint-Maur. Le mur d’enceinte, réel, et le mur mental dans lequel ils s’enfoncent.» Ainsi de ces «grottiers», ceux qui se sont fait comme avaler par leur 9m2, une grotte qu’ils ne quittent plus. «On fait ce qu’on peut pour qu’ils en sortent, mais ce n’est pas évident», décrit le chef de détention.

Robert* a passé dix ans dans sa cellule, n’en franchissant la porte qu’une fois par an pour la fouille. Un jour, un déclic l’en a fait émerger. Il est désormais affecté au nettoyage de l’immense couloir reliant entre eux les trois bâtiments, qu’il astique dans un ballet que ne renieraient pas les meilleurs joueurs de curling. Pour d’autres, il semble trop tard. «Quand les années de détention passent, bien souvent, il n’y a plus de contact avec la famille», note D. le responsable du service pénitentiaire d’insertion et de probation (SPIP), chargé, entre autre, «de préparer l’après.»

«Au-delà de 25 ans, une peine ne sert plus à rien»
L’après, Alain y a renoncé. Rentré en prison en 1986, il n’a plus l’intention d’en sortir (lire par ailleurs). «Sa vie s’est figée il y a 25 ans, souffle D. Rien n’a bougé depuis.» Pour ces détenus qui, comme lui, sont «sur-adaptés» à la vie carcérale, les surveillants constituent bien souvent l’unique point de repère avec l’extérieur. A tel point «que j’ai vu certains détenus assister aux obsèques de l’un des nôtres», dit un agent.
Ironie du sort, à l’atelier menuiserie, des détenus confectionnent des cercueils pour l’IML, l’institut médico-légal, également utilisés pour les indigents. «C’est la pire des choses, soupire D : mourir en prison. Quand des gamins de 35 ans voient ça, qu’est-ce que vous voulez qu’ils se disent ? Comment voulez-vous qu’ils avancent ?» A Saint-Maur, surveillants et détenus en sont convaincus : «au-delà de 25 ans effectués, une peine ne sert plus à rien», résume D. Et ce, alors même que «la perpétuité est aujourd’hui beaucoup plus réelle qu’elle ne l’était par le passé.» «C’est tout le paradoxe, complète la directrice : comment rendre acteur de sa peine quelqu’un qui n’a pas de date de fin de peine...»


Pour les autres, l’échéance rêvée est bien souvent celle de la fin de leur période de sûreté, qui leur permet à la fois de solliciter des permissions, et une éventuelle libération conditionnelle. Encore faut-il qu’ils aient pris conscience de leurs actes. «55 % d’entre eux ont des troubles psychologiques, et beaucoup se considèrent eux-mêmes comme des victimes, note le psychologue. Il estiment avoir agi en réponse à un préjudice subi.» Comme celui-ci, qui va trouver «vraiment terrible cet accident» auquel il a participé, lequel n’en est évidemment pas un...
«Pour qu’ils changent leur regard, il faut du temps, enchaine -t-il. Et ça, le temps, on en a...» Gérard est un autre des anciens. Une première peine de 10 ans. Une seconde de 18. Ils les «fait» toutes les deux, sans coups d’éclat, impatient comme beaucoup de son transfert en «CD», un centre de détention aux conditions d’incarcération plus souples.

Lorsqu’un couteau disparaît dans les cuisines, «c’est la psychose »
Rien à voir avec les «séditieux», souvent de «jeunes écorchés vifs». Jugé à Versailles pour «une prise d’otages en carton», selon un surveillant, Joseph* y a détruit le box des accusés au terme d’«un vraie-fausse tentative d’évasion», d’après le même agent. Il doit donc comparaître une nouvelle fois dans les Yvelines. Un voyage dont il a prévenu qu’«il sera le dernier.» Fers aux pieds, il est extrait par une dizaine de membres des ERIS, les équipes d’intervention de la Pénitentaire, équipées comme le GIGN. «Faudra faire gaffe aux armements, qu’il tente pas quelque chose», anticipe le chef d’escorte.


A l’étage du «A», il faut là aussi que quatre hommes s’équipent en «Robocop» pour convoyer à la douche un détenu au profil passablement inquiétant. Saint-Maur compte une trentaine de «DPS», pour «détenus particulièrement surveillés». Lorsqu’un couteau disparait dans les cuisines, «c’est la psychose, reconnaît Bruno, leur responsable. C’est arrivé il y a peu. On a fait les poubelles jusque chez Véolia, et on l’a retrouvé. Il avait été jeté par erreur.» La première des craintes demeure celle d’un mouvement collectif. La mutinerie générale de 1987 fait ici partie de la mémoire des murs. Comme dans toute centrale, la quiétude ne tient qu’à un fil, très souvent rompu.
A défaut d’arme, chaque surveillant possède un bip, lequel active une alarme générale tout en le géolocalisant. Au cours de nos deux journées de reportage, pas une seule fois elle n’aura retenti. «En général, elle sonne au moins une fois par jour», relève un surveillant. «Au moins autant que la sécurité passive, l’important c’est la sécurité active. On fait un métier profondément humain.» Un sixième sens s’est développé au fil des années de coursives. La moindre discussion permet de ressentir un éventuel malaise. «Ici, on me dit plus souvent bonjour que dans la vraie vie, reprend D
. Mais si on ne me le dit pas, et que le regard est pesant, c’est qu’il y a un problème à régler. La centrale, c’est comme un grand théâtre.»

Le couloir des célébrités
«Les plus dangereux, ce sont les condamnés pour terrorisme, ou radicalisés en prison, prévient un gardien. Ceux-là, ce n’est pas parce qu’ils vous sourient qu’il faut leur tourner le dos». Pour protester contre ses conditions de détention, une figure de l’Islam radical refuse de quitter le quartier disciplinaire. «C’est pas plus mal, prévient un surveillant. Un gars comme lui, en trois semaines, il te lave les cerveaux de tout un bâtiment.» Au «C», on croise plusieurs visages connus. Nombreux se sont vus consacrer un «Faites entrer l’accusé.» Même si «les grands noms ne font pas forcément les grands dossiers», relativise un cadre. «Des gars qui ont commis pire que Patrick Henry, on en a plein, abonde un collègue. Mais dans le grand public, plus personne de les connaît».

A l’inverse, de l’aveux des surveillants, ce détenu particulièrement célèbre est «affable et intelligent». On ignore s’il a sollicité une libération conditionnelle, qu’il serait en droit de demander après avoir laissé derrière lui sa période de sûreté. Au regard du poids médiatique de son affaire, notamment, rien ne dit qu’un juge d’application en prendrait la responsabilité. Quand bien même «il réunit vraiment toutes les conditions requises pour sortir», soutient un surveillant. Le cas de Jean-Yves ne fera pas débat. Placé en cellule médicalisée, le sexagénaire assure avoir été pharaon et «plusieurs fois roi de France» dans une vie antérieure. «La Venus de Milo, c’est moi qui l’ai sculptée. Mais on était plusieurs, hein, je n’ai fait que les finitions.»

«Comment ils seront après, c’est souvent lié à comment ils sont pendant»

Les autres profils sont scrutés à la loupe en CPU, la commission pluridisciplinaire hebdomadaire. Elle est à la centrale ce que le conseil de classe représente pour un établissement scolaire. On y attribue les postes de travail disponibles, dresse la liste des indigents, voire étudie la possibilité d’un «relèvement de la période de sûreté.» «Comment ils seront après, c’est souvent lié à comment ils sont pendant», résume un agent. Karim* est «dans une bonne dynamique», concède un autre. «Oui mais il assume qu’il trafique et qu’il continuera», tacle la directrice. La preuve en est cette paire de baskets à sa pointure, du 43, retrouvée dans sa cellule. Elle avait pourtant été commandée par un autre détenu, lequel chausse... du 46. «Soit ses pieds ont rétréci, soit il a réglé une dette de shit», résume un agent. Demande de relèvement refusée.

De Versailles, Joseph est revenu au bercail, sa perpétuité alourdie de trois ans fermes. En cellule, Michel, lui, compte «chaque jour qui [le] rapproche de la liberté.» «Il me reste 20 mois à faire. Avant la fin de ma période de sûreté, corrige-t-il. Autrement, c’est neuf ans.» «Le même goût du chaud soleil, le nez, la bouche, les oreilles, enchaine Souchon dans ses «cadors». Le garde des sceaux, les gangstifs, c’est kif-kif. N’empêche.»
* Les prénoms ont été changés
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Re: [témoignage]dans le quotidien des détenus condamnés à la perpétuité

Message  Tatie le Sam 09 Déc 2017, 10:48

suite et complement de l'article ci-dessus


Il purge une peine longue à la prison de Saint-Maur (Indre). Alain, 55 ans aujourd'hui, y est entré alors qu'il n'avait que 24 ans...
S'inventer un avenir est un combat qu'il n'a plus le courage de livrer. Petites lunettes, cheveux longs, Alain fait partie de «ces gars qui ont pris la couleur des murs», décrit un surveillant.
A l'atelier menuiserie, où sa voix peine à couvrir le fracas des machines-outils, on le repère avec son bleu de travail sur le dos. Il y est un ouvrier sans histoires. Les faits qui l'ont conduit là remontent au début des années 1980. «Des trucs comme à Marseille, élude-t-il. Bien sûr, que j'y pense. Mais ce qui est fait est fait.»
« Je suis rentré en 1986, se souvient-il. J'ai 55 ans, j'en avais 24... »
Un monde où n'existaient alors ni le téléphone portable ni les billets en euros, et qui a continué à tourner sans lui. A deux reprises, Alain a demandé une libération conditionnelle, à laquelle il était en droit de prétendre. Refusée à chaque fois. « Faut passer par le CNE (NDLR : le Centre national d'évaluation des personnes détenues), peste-t-il. Ils vous posent de ces questions, je vous explique même pas. Ils devraient demander aux surveillants. Eux me connaissent, j'attaque ma 32e année de détention... »


On le devine en butte à un système qui le dépasse. Transparaît surtout, en toile de fond, son inquiétude quant à une hypothétique réadaptation. « J'ai la télé. Je vois la misère, qui n'a fait qu'empirer aujourd'hui. Ça me fout en rogne devant l'écran. »
Il y a aussi ces CD, qu'il ne peut plus écouter « parce que maintenant, c'est plus que des trucs Bluetooth machin. » Et tous ces gens qui « croient qu'en prison, soit on vit dans le luxe, soit c'est comme dans la série Prison Break. Regardez-moi. C'est ni l'un ni l'autre. » Son père est décédé « il y a environ dix ans ». Ses deux sœurs ont disparu dans la nature. «Qu'est-ce que vous voulez que je fasse dehors ? Ils veulent que je meure ici. C'est ce que je vais faire.»
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Re: [témoignage]dans le quotidien des détenus condamnés à la perpétuité

Message  Tatie le Sam 09 Déc 2017, 10:53

32 ans entre les murs, voir le monde évoluer à travers un écran de télé... et n'avoir personne qui l’attend dehors..
je sais pas ce qui pourrait lui insuffler un peu de courage pour tenir, mais sa dernière phrase est vraiment empreinte de pessimisme.

et dire que certains se plaignent d'avoir un bracelet ou de faire quelques mois entre les murs ...

ça devrait faire réfléchir et relativiser non?
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Re: [témoignage]dans le quotidien des détenus condamnés à la perpétuité

Message  Tatie le Dim 25 Fév 2018, 20:06

Incarcéré à 28 ans, ce détenu de la prison de Bapaume n’a jamais remis le nez dehors.



Vous vous souvenez de Michel...? Demande de grâce présidentielle déposée et premiers soutiens officiels et associatifs. La Voix du Nord.

C’est en 1977 que tout bascule pour cet homme né à Amiens (Somme), qui a grandi dans une famille d’accueil et s’est forgé dans la précarité : ******* Lors de leur procès en 1979, la peine capitale est requise mais les deux acolytes sont condamnés à la perpétuité. Michel Cardon a alors 28 ans.

Depuis, il est « un homme au visage abîmé », qui souffre de « troubles de la parole du fait d’un AVC, de difficultés de l’élocution du fait de problèmes cardiaques, de surdité et cécité partielle ainsi que de problèmes de dentition du fait de soins déficients», décrit Eric Morain dans sa lettre à Emmanuel Macron.

« On dirait qu’il a été oublié en détention »
Ce détenu qui n’a pas de famille, et dont la seule compagne « a été la boisson », a reçu sa seule et unique visite au parloir à l’été 2016. Il s’agissait de son ancien codétenu, qui a alerté sur la situation de son ami, relate le JDD.

Fin janvier, la commission pluridisciplinaire des mesures de sûreté de Lille (CPMS) s’est réunie pour évoquer une éventuelle libération conditionnelle de Michel Cardon. Selon le Journal du Dimanche, la commission reconnaît : « On dirait qu’il a été oublié en détention ».

Le tribunal d’application des peines rendra sa décision le 15 mars, mais d’ici là, Eric Morain a maintenu sa demande pour le prisonnier « dont le risque de récidive peut être considéré comme résiduel. « Je ne veux pas qu’il passe par la case bracelet électronique. Après quarante ans de prison, ça n’a aucun sens », argumente l’avocat.

En attendant, des associations réfléchissent à sa prise en charge dehors et Xavier Bertrand, président de la région Hauts-de-France, a dit vouloir le rencontrer. Une attention exceptionnelle pour cet oublié du système carcéral français
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Re: [témoignage]dans le quotidien des détenus condamnés à la perpétuité

Message  Tatie le Dim 25 Fév 2018, 20:10

on avait déjà évoqué Michel sur le forum, il y a quelque temps à propos de son unique parloir après tant d'année
son ex codétenu a prit en compte la situation de son ami et à alerté sur son cas
reste à savoir comment la justice ou les politiques s’empareront de cette demande.
mais je pense qu'au bout de 40 ans et dans l’état de santé dégradé qu'il présente, il est largement temps de lui ouvrir les portes pour qu'il finisse sa vie hors les murs .
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Re: [témoignage]dans le quotidien des détenus condamnés à la perpétuité

Message  Manuliah le Dim 25 Fév 2018, 21:06

Je me demande quel suivi ils mettront en place pour sa réinsertion...
Parce que le libérer 40 ans après c'est comme laisser un bébé seul dans la nature.
Il doit tout réapprendre sans compter son état de santé et la très faible probabilité qu'il trouve un boulot....

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Re: [témoignage]dans le quotidien des détenus condamnés à la perpétuité

Message  Tatie le Lun 26 Fév 2018, 10:13

Manuliah a écrit: la très faible probabilité qu'il trouve un boulot....
Bonjour, on peut supposer qu'à 68 ans c'est pas vraiment d'actualité.
Il a plus besoin d'un hébergement où il serait entouré et soigné.
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Re: [témoignage]dans le quotidien des détenus condamnés à la perpétuité

Message  Atipika le Mar 27 Fév 2018, 09:44

Il reste à espérer qu'il y aura une structure pour l'accueillir dignement, le soigner, lui réapprendre une vie en société qu'il a dû totalement oublier, sans parler de toutes les avancées technologiques. Je lui souhaite de sortir au plus vite afin qu'il ait le maximum de temps pour rattraper un peu de cette liberté qu'on a "oublié" de lui rendre...
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Re: [témoignage]dans le quotidien des détenus condamnés à la perpétuité

Message  Tatie le Sam 17 Mar 2018, 13:39

Tatie a écrit:Incarcéré à 28 ans, ce détenu de la prison de Bapaume n’a jamais remis le nez dehors.





Le tribunal d’application des peines rendra sa décision le 15 mars, mais d’ici là, Eric Morain a maintenu sa demande pour le prisonnier « dont le risque de récidive peut être considéré comme résiduel. « Je ne veux pas qu’il passe par la case bracelet électronique. Après quarante ans de prison, ça n’a aucun sens », argumente l’avocat.

En attendant, des associations réfléchissent à sa prise en charge dehors et Xavier Bertrand, président de la région Hauts-de-France, a dit vouloir le rencontrer. Une attention exceptionnelle pour cet oublié du système carcéral français
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40 ans, 4 mois et 18 jours, c’est exactement le temps passé en détention par Michel Cardon. Cet homme de 67 ans, condamné en 1977 à la réclusion à perpétuité a vu sa demande de remise en liberté examinée hier après avoir été littéralement oublié en prison.

En quarante ans de prison, Michel Cardon a eux deux visites au parloir : celle d'un ancien codétenu et celle de son avocat, Me Eric Morain, ému par son histoire : "c'est un homme qu'on laissé croupir. Il y a un véritable enjeu en ce qui concerne Michel Cardon : un enjeu personnel, celui de le sortir de là. Et puis, ça met en lumière les difficultés extrêmes des longues peines, de ce qui se passe en détention pour ces hommes et ces femmes qui restent détenus pendant 25, 30, 40 ans. Lorsque vous n'avez plus de soutien extérieur, vous ne pouvez pas élaborer un projet à l'extérieur. Et sans projet à l'extérieur, vous n'êtes pas fondé à demander une libération conditionnelle. Donc vous entrez dans une espèce de spirale qui fait que moins vous en demandez, moins il y a de contact, moins il y a de contact, moins il y a de projet. Et puis au bout d'un moment, il n'y a plus de projet, plus d'espoir, il n'y a plus que les quatre murs. "



Le 15 mars, le parquet s'est dit favorable à une sortie prochaine de Michel Cardon qui va devoir tout réapprendre, à commencer par ouvrir une porte, rappelle son avocat. Il ne l'a pas fait depuis 40 ans.
Le tribunal d'application des peines d'Arras qui a examiné son cas rendra sa décision dans 15 jours.


à suivre donc !
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Re: [témoignage]dans le quotidien des détenus condamnés à la perpétuité

Message  Atipika le Dim 18 Mar 2018, 17:28

J'espère vraiment pour lui que sa demande de remise en liberté va être acceptée et l'exemple de ce détenu oublié fait ressortir le fait qu'il doit forcément y avoir d'autres hommes et d'autres femmes dans son cas en train de croupir dans une cellule quelque part en France, oublié(e)s de toute la société alors qu'ils/elles ne représentent certainement plus de danger pour la société. Et c'est censé être la raison 1ère de mettre quelqu'un derrière les barreaux il me semble, pour protéger la société. Est-ce que ça peut encore avoir un sens pour des vieilles personnes de 70-80 ans quand on sait que chaque année passée en prison en vaut 5 à l'extérieur au niveau du vieillissement général?
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Re: [témoignage]dans le quotidien des détenus condamnés à la perpétuité

Message  Tatie le Ven 01 Juin 2018, 07:22

Tatie a écrit:

Le 15 mars, le parquet s'est dit favorable à une sortie prochaine de Michel Cardon qui va devoir tout réapprendre, à commencer par ouvrir une porte, rappelle son avocat. Il ne l'a pas fait depuis 40 ans.
Le tribunal d'application des peines d'Arras qui a examiné son cas rendra sa décision dans 15 jours.


à suivre donc !


Michel , 67 ans dont 41 ans derrière les barreaux, retrouve ce vendredi 1er juin la liberté. Il va quitter le centre de détention de Bapaume pour rejoindre une maison de réinsertion dans le Val-d'Oise.

C'est bien! bonne chance et bon courage à lui pour ces quelques années à venir sans barreaux physiques autour de lui, car dans sa tete...
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Re: [témoignage]dans le quotidien des détenus condamnés à la perpétuité

Message  Atipika le Ven 01 Juin 2018, 16:22

Enfin! On a du mal à imaginer ce que doit ressentir cet homme après tant d'années enfermé. Bonne chance et bon courage à ce monsieur.
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