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[Actu] Personnes sous écrou : une tendance à la hausse fin 2017

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[Actu] Personnes sous écrou : une tendance à la hausse fin 2017

Message  Tatie le Ven 22 Déc 2017, 13:41

De plus en plus de femmes et de mineurs en prison


Au 1er décembre 2017, ce sont 80 811 personnes qui étaient écrouées dans les prisons françaises, dont 69 714 en détention et 11 097 étant placés sous surveillance électronique ou à l'extérieur.
Les chiffres de la population carcérale communiqué par la Direction de l'administration pénitentiaire révèlent notamment une tendance à la hausse (+1,5% en moyenne sur un an), même si cette croissance est moins brutale que celle observée au 1er semestre 2017.

HAUSSE DE LA DÉTENTION PROVISOIRE

Autre constat: les prévenus - c'est-à-dire les personnes faisant l'objet de poursuites judiciaires et non encore jugées- représentent 29,3 % des personnes se trouvant en détention. En Ile-de-France, la part des détenus en détention provisoire atteint 37,5 %.

QUELLE EST LA POPULATION CARCÉRALE?

On constate une évolution de la structure de la population carcérale dans les établissements pénitentiaires. A commencer par l'augmentation du nombre de personnes écrouées non détenus (+5% en un an), mais aussi la progression du nombre de femmes écroués (+8%), des mineurs (+6%) et des prévenus (+2%).

SURPOPULATION: JUSQU'À 440 DÉTENUS POUR 200 PLACES

La situation de la maison d'arrêt de Nîmes est le (pire) exemple de la situation critique en matière de surpopulation carcérale. Entre les murs de cet établissement, la densité est de 220%, soit 440 détenus pour 200 places opérationnelles. Le quartier maison d'arrêt de Meaux-Chauconin recense quant à lui 802 détenus pour 385 places opérationnelles (soit une densité de 208%). Sur le territoire, la moyenne se situe autour de 118% pour l’ensemble des établissements. Ce taux atteint 142 % en maison d’arrêt et quartiers maison d’arrêt.

37% DE DÉTENUS EN CELLULE INDIVIDUELLE

Plus généralement, au 1er décembre 2017, 96 établissements ou quartiers ont une densité carcérale supérieure ou égale à 120 %. Ces structures surpeuplées hébergent à ce jour plus de la moitié des personnes détenues (40 037 personnes). Le taux d’encellulement individuel, dans ces conditions, s’établit à 37 %.

EN MILIEU OUVERT

Le nombre de personnes suivies en milieu ouvert par les services pénitentiaires d’insertion et de probation était de 165 269 au 1er juillet 2017.

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Re: [Actu] Personnes sous écrou : une tendance à la hausse fin 2017

Message  Tatie le Mar 26 Déc 2017, 11:07

Point de vue de l'OIP

Ce 20 décembre, l'administration pénitentiaire a publié ses dernières statistiques. Avec 69 714 personnes détenues, on frôle un nouveau record historique.

Le taux d'occupation moyen dans les maisons d'arrêt est de 142 %. Trois personnes, quatre parfois, partagent des cellules de moins de 9 m2. 1 547 dorment sur des matelas à même le sol. Dans le Grand Ouest, les prisons d'Angers, Caen, Évreux, La Roche-sur-Yon, Laval, Saint-Brieuc, Vannes... sont particulièrement touchées.

Derrière ces chiffres, il y a un quotidien. « Les lits sont superposés sur trois niveaux. Quand je suis dans mon lit, je ne peux même pas m'asseoir, une personne détenue à Saint-Brieuc et enfermée 22 heures sur 24 avec deux autres personnes dans une cellule sans eau chaude. Les cellules sont dans un tel état que je n'y ferai même pas dormir mon chien. »

Souvent, les toilettes ne sont séparées que par un simple rideau. Alors, « avant d'y aller, on met la radio, on allume de l'encens, on vide de l'eau de Javel », explique une autre personne incarcérée à Caen. Une promiscuité qui rime avec vétusté et insalubrité. « Depuis que je suis incarcéré, j'ai de gros problèmes de peau, des boutons, des plaques. Je fais de l'asthme alors que dehors, cela ne m'arrivait jamais », déplore un détenu de Brest.

Comme une rengaine, les chiffres s'égrènent, les témoignages s'accumulent. Sans que n'évoluent ces conditions de détention pourtant maintes fois dénoncées.

Peines alternatives
Alors que faire ? Ne rien changer, car après tout ce ne sont pas des enfants de choeur et la justice doit être expiatoire, entend-on parfois. Outre qu'une telle option est inacceptable au nom la dignité humaine et du respect des droits fondamentaux, ce traitement n'a jamais fait la preuve de son aspect dissuasif.

Construire des prisons qui offriraient des conditions d'enfermement dignes, voilà la solution, nous dit-on alors. C'est oublier que le système pénitentiaire est en faillite. 63 % des sortants sont réincarcérés dans les cinq ans. De nombreuses études montrent que l'enfermement accroît les facteurs de délinquance et que la récidive reste moindre après des sanctions non carcérales.

Plutôt que d'enfermer mieux et plus, interrogeons-nous sur qui on envoie en prison et pour quoi faire. 30 % des personnes détenues sont prévenues, c'est-à-dire présumées innocentes. 35 % sont atteintes de troubles graves relevant de services de psychiatrie. Deux tiers des personnes condamnées purgent des peines de moins de trois ans de prison. Et malgré l'effet désocialisant et criminogène des peines de moins de six mois, celles-ci augmentent : +22 % en deux ans.

D'autres solutions existent.
Outre qu'une plus grande justice sociale contribuerait à prévenir la délinquance, certains conflits pourraient être réglés par les voies de la médiation ou de la réparation ; certaines infractions dépénalisées ; le recours à la détention provisoire et à l'enfermement des malades mentaux limité ; la durée des peines - qui, au-delà d'un certain nombre d'années, n'ont plus de sens - réduite ; les courtes peines remplacées par des alternatives à la prison permettant un meilleur suivi.

La plupart de nos voisins européens se sont engagés dans des politiques visant à réduire leur population carcérale. Espérons que la France saura leur emboîter le pas. Pour une société plus sûre, mais aussi plus humaine.


ce jour - Ouest-France
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