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[Témoignage]un collectif de détenus sexprime

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[Témoignage]un collectif de détenus sexprime

Message  Tatie le Lun 26 Fév 2018, 13:06

« Une histoire de confort »

Nous sommes un collectif de détenus qui a trouvé un espace de parole. Pour de multiples raisons de sécurité, c’est la seule information que nous décidons de communiquer. Le type d’établissement, l’endroit de nos incarcérations, le contexte dans lequel nous nous exprimons, tout ceci restera secret. Dans la lignée d’Antonin B. qui s’est récemment exprimé depuis Fleury, nous souhaitons nous aussi raconter notre quotidien.

Nous souhaitons notamment réagir au débat sur le téléphone en détention qui est apparu dans les médias et sur les réseaux sociaux au début de l’année. Nous pensons tout d’abord que c’est un sujet qui ne sert qu’aux politiques pour faire parler, mais nous considérons que rien ne changera et que cette perspective ne se réalisera jamais. Cependant, nous allons essayer de faire un état des lieux de la situation actuelle tant sur la question des moyens de communication que sur la question du confort en prison qui alimente les débats dans notre société.

A ce jour, communiquer est un luxe et appeler ses proches nécessite plusieurs étapes. Tout d’abord, il faut que le juge valide les numéros que nous souhaitons appeler, ce qui peut durer très longtemps. Une fois possible, nous devons charger un code qui nous permettra d’appeler. Les appels coûtent cher, très cher. Certains d’entre nous payent 40 euros par mois pour quelques appels (20 minutes) 3 fois par semaines... Et appeler à l’étranger est encore plus cher. Tous ça pour des communications qui sont écoutées par l’administration pénitentiaire. En milieu ouvert, des personnes ont les appels illimités pour 20 euros par mois. Posséder un téléphone dans sa cellule ne changera rien au coût qui restera inaccessible à tous les détenus. Par contre c’est une belle source financière pour l’État… Avoir un téléphone portable en détention est bien sûr interdit, mais la réalité est tout autre. L’administration pénitentiaire s’arrange de ce petit manquement au règlement. Le téléphone portable (comme le cannabis) reste un moyen pour acheter la paix sociale et la tranquillité. C’est aussi un moyen pour les services pénitentiaires de résoudre des affaires en écoutant les communications. Nombre de camarades détenus ont vu de nouvelles affaires apparaître en détention par manque de discrétion téléphonique. Ce débat nous permet d’exprimer notre point de vue sur la question du confort en prison.

On peut me mettre dans une cellule en or que ça ne changera pas la privation de liberté que je subis.

Être en prison signifie être privé de sa liberté. Que nous possédions un téléphone, un jacuzzi, une télé ou tout autre objet de confort, notre situation ne change pas. Nous sommes et resterons enfermés, sans accès au monde extérieur autre que par les médias, sans la liberté de voir nos familles régulièrement. D’ailleurs, parlons de nos familles. Être en prison c’est aussi être éloigné de sa famille. L’une des choses que l’on apprend vite en détention, c’est la mobilité. Être changé de lieu de détention du jour au lendemain, sans préparation ni explication est notre quotidien. Rien n’est jamais sûr. Pour nos familles c’est la même galère. Venir nous voir relève parfois de l’aventure, prendre les enfants, monter dans la voiture ou prendre le train, faire la route, subir les embouteillages ou les retards de la SNCF... Certaines de nos familles font des centaines de kilomètres pour venir nous voir. Tout ça pour 45 minutes ; c’est le temps accordé au parloir. Le retard n’est pas admis par l’administration pénitentiaire. Si nos familles loupent l’entrée en détention pour le parloir, c’est fini, on ne leur laissera aucune possibilité de rentrer. Des heures de route, une organisation familiale complexe, parfois un levé aux aurores pour se voir refuser l’accès au parloir. Essayez d’imaginer la violence pour nous d’apprendre au dernier moment que notre parloir est annulé alors que nous nous étions préparés.

La détention c’est la coupure de nos liens familiaux. Nous, détenus, souhaitons vous dire que le confort matériel ne remplacera jamais le confort psychosocial que nous permet la liberté. Vous pouvez continuer de débattre de sujets futiles qui ne changent rien à nos conditions, et à ne pas voir la violence de la justice et de l’administration pénitentiaire, violence psychologique mais aussi physique. Nous avons lu les commentaires sur les réseaux sociaux, les fantasmes partagés sur la prison qui serait comme le Club Med, sous prétexte qu’on réfléchit à installer des téléphones dans nos cellules. Nous pourrions vous raconter notre quotidien fait d’humiliations, de violences et d’amalgames pendant des heures. Un téléphone ne remplacera jamais nos droits à être considérés comme des êtres humains dans la dignité et le respect.


à l'ouest-22-02-18
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Re: [Témoignage]un collectif de détenus sexprime

Message  Tatie le Lun 26 Fév 2018, 13:10

Il est bien que les détenus trouvent des espaces d'expression, malgré les risques qu'ils encourent à le faire.

je ne sais pas si leurs paroles peuvent etre comprises par la horde des gens qui inondent les réseaux sociaux de leur rancoeur et désir de vengeance, mais plus les choses seront dites, plus il y aura de chance qu'une ou 2 personnes changent d'avis et au fil des jours, ces 1 ou 2 personnes en deviendront 10 ou 100 ou + encore.
du moins je l’espère....
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Re: [Témoignage]un collectif de détenus sexprime

Message  Tatie le Lun 26 Fév 2018, 13:15

En ce début de Janvier 2018, nous avons constaté et subi la grève des surveillants pénitenciers. Nous avons suivi, comme vous tous, à la télévision, les revendications de nos bourreaux, se plaignant ici et là de l’insécurité et de la violence qu’ils subissent au quotidien. Pourtant, nous, nous avons l’impression que la violence qu’ils condamnent, c’est nous qui la subissons majoritairement.

Dans notre prison, les choses étaient plutôt calmes. Quelques motivés entretenaient le feu devant la grande porte d’entrée, et les autres attendaient à l’intérieur, nous laissant enfermés dans nos cellules. Les portes sont restées fermées, il n’y avait plus de sport, on ne sortait plus les poubelles, on ne pouvait plus cantiner, nos parloirs avaient du retard. Le point mort, pendant un mois. En réalité, dans un contexte de confort minimum, on s’habitue à quelques semaines pires que d’autres. Ce sur quoi nous voudrions insister, ce sont plutôt les provocations que certains d’entre nous ont subi pour faire en sorte que la situation dégénère. C’est comme s’il y avait une volonté de créer des incidents pour donner de la matière à des revendications. L’un d’entre nous s’est fait réveiller en pleine nuit par un crachat. On a expliqué à plusieurs d’entre nous que nos numéros de téléphone vers l’extérieur avaient été effacés administrativement et que nous devions refaire une demande. A un détenu, ils ont demandé la carte d’identité de son avocat pour pouvoir l’appeler, comme s’il se baladait avec une photocopie dans sa poche. Des surveillants ont incité l’un d’entre nous à lancer un mouvement de blocage. Ils nous suppliaient presque de donner des justifications à leur mouvement. Dans leur logique, s’il y a preuve de danger, notamment de radicalisation de détenus, ils toucheront des primes.

Nous avons le sentiment d’avoir été pris en otage. Même si nous comprenons le droit de grève, nous ne comprenons pas pourquoi c’est nous qui avons subi celle-ci. La tribune médiatique qui a été donnée aux syndicats de surveillants ce mois passé nous donne envie de rétablir la balance, et de parler à notre tour de la violence que nous subissons quotidiennement, sous forme d’anecdotes sauvages.

Ce qui se passe en prison est à l’abri des regards, personne ne peut témoigner. Alors certains en profitent. La nuit, c’est déjà arrivé qu’après avoir picolé des mecs se lâchent sur un détenu. Ils l’étouffent, poussent la violence un peu plus loin, le souffle est coupé, tu ne peux pas faire grand- chose. L’un d’entre nous connaît bien la technique dite de l’avion, où un t’étrangle, et les autres prennent chacun un membre. Ils peuvent te déplacer comme ça ou juste se servir de cette technique pour finir par te passer les menottes. Une fois ils lui ont fait alors qu’il était nu, et l’ont trimballé dans les escaliers, laissant ses parties génitales taper chaque marche.Il y a beaucoup de suicides en prison aussi. Certains sont étranges, sortis de nulle part, et les familles ne peuvent pas voir les corps. Une fois l’un d’entre nous s’est insurgé sur un surveillant après un suicide douteux. Celui-ci a rétorqué « ça fera une place de plus ». Vous avez déjà entendu aussi aux informations que des détenus s’étaient immolés ? En réalité, certains protestent en mettant le feu à leurs cellules parce qu’une alarme prévient les surveillants. C’est une manière de manifester. Parfois, la protestation se transforme en drame, quand les surveillants laissent le temps passer avant de sortir le détenu de sa cellule. L’un d’entre nous encore, a connu un mec dans une prison. Il s’est battu avec un autre détenu, au point de l’envoyer à l’hôpital. Les matons lui ont fait croire pendant des jours qu’il l’avait tué, qu’il était mort à l’hôpital, ce qui n’était pas vrai. Mais le harcèlement a fonctionné, le mec en question s’est suicidé. Pour de vrai cette fois-ci. Certains d’entre nous, à cause de la raison de leurs incarcérations, sont victimes d’un traitement particulier. S’il y a eu violence envers un policier dans ton affaire, que tu sois jugé ou non, la peine sera plus difficile. C’est le cas pour l’un d’entre nous, qui s’est vu chuchoter à l’oreille pendant une fouille « les mecs comme toi ils ne devraient pas être en vie ». L’objectif est clair : lui faire perdre son calme pour avoir une excuse pour le frapper. Avec lui, les insultes n’ont pas fonctionné, alors ils l’ont mis au mitard (cellule vétuste isolée sans possibilité de sortir) pendant une semaine, juste après qu’un fou y ait passé une semaine à repeindre les murs de ses excréments.

Nous pouvons parler également des ERIS (Equipe Régionale d’Intervention et de Sécurité), les CRS des prisons. Dans certaines prisons, ils rentrent au hasard dans des cellules parfois, cassent tout, démontent tout, fouillent tout, marchent sur les draps, pendant que toi t’es à poil dans une cellule à côté, en attendant de pouvoir retourner dormir. Ce sont d’anciens surveillants formés par le RAID. Ils ont un truc à prouver. Pour nous, ce sont les ratés qui se prennent pour l’élite.

Parlons des transferts. Cela arrive souvent, comme ça, on te change de prison sans prévenir, sans dire où on t’emmène. Tout le long du voyage, tu as les entraves aux poignets et aux chevilles. Les familles sont rarement prévenues, elles le découvrent quand c’est effectif. Toutes les affaires que tu as pu accumuler restent dans ta cellule, et très rarement on te les poste.

Attention, nous ne souhaitons pas faire d’amalgames. Tous les surveillants ne sont pas mauvais. Certains se confient, nous disent qu’ils se sentent dupés, qu’ils étaient venus travailler en espérant un aspect social qu’ils ne voient pas. Mais malgré tout, la solidarité qu’il y a entre eux rend le système carcéral inéluctablement violent pour nous.

Nous constatons amèrement que les peines s’accentuent, et qu’elles sont de plus en plus lourdes. Pourtant, une étude montre qu’après 8 ans d’incarcération, la prison devient inutile. Nous constatons également une transformation des logiques d’incarcération. Tout est de plus en plus fait pour réduire les déplacements des détenus à l’intérieur de l’établissement. On ne veut pas que nous nous épanouissions. Ici, nous n’avons plus le droit qu’à une promenade par jour. Aujourd’hui, on entend parler du système RESPECTO, un système de point comme le permis où au moindre écart on perd nos petits avantages.


Nous sommes poussés à être dociles, à accepter toutes les injustices, toutes les violences, puisque nous avons été privés du droit de contester, de nous plaindre, d’avoir des témoins. La prison, dans son essence même, ça déshumanise le détenu. Et de toute façon, si tu te rebelles un peu trop, il y a la piqûre en épée de Damoclès. Au motif d’une menace, réelle ou fictive, quand le détenu est soi disant non-maîtrisable, le médecin vient et lui fait une piqûre de calmant. Ensuite, tu fais un petit tour à l’HP. On en a tous vu revenir après quelques semaines en bavant, comme des zombies, leurs esprits restés à l’hôpital.

Être en prison c’est un peu comme si on nous considérait comme des malades, des malades de la société, qu’il faut soigner, à coup de violences et de frustrations, pour nous rendre dociles, pour nous faire renoncer à tout ce qui nous rend malade. L’allégorie n’en est presque pas une, quand on sait que les remises de peine sont beaucoup plus facilement consenties quand on accepte de prendre un traitement psychiatrique. Tous, on nous a incité à prendre des médicaments, des calmants, en nous expliquant que c’était bon pour notre dossier. Leur vision de la réinsertion, c’est de nous endormir, en espérant que ça nous soigne des maux sociaux qui posent problème à l’ordre établi. Vous connaissez George Orwell ?


même source, même date
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Re: [Témoignage]un collectif de détenus sexprime

Message  Tatie le Lun 26 Fév 2018, 18:16

les détenus nous lisent. alors j'ai honte, honte que leurs mots ne signifient pas grand chose pour la grande majorité des lecteurs de ce forum.
honte que pas, ou peu, de mots soient dit pour qu'au moins il sachent qu'ils sont lus et compris.


Vous présenter des excuses serait dérisoire.
en tout cas, je continuerais à vous lire, à vous entendre et à donner à lire vos paroles.
car ces violences avérées que vous subissez ne doivent pas rester cachées et doivent etre reconnues.
et ici encore plus qu'ailleurs!
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Re: [Témoignage]un collectif de détenus sexprime

Message  Manuliah le Lun 26 Fév 2018, 20:10

Participer aux différents débats n'est pas toujours chose facile....
Parce que à la découverte de certaines choses on ne plus quoi dire....parce qu'on se sent impuissant.
Le principe, l'essence même du but de l'incarcération est à revoir.
La privation de liberté est déjà en elle même une sanction notable pour un être humain mais l'humiliation, les conditions sont elles insoutenables.

Je n'arrive même pas à en vouloir aux surveillants parce que je me dit que pour nombre d'entre eux ils se sont fait avoir, "aveuglés" par la promesse d'une stabilité financière qu'offre le statut de fonctionnaire de l'état. Bon nombre d'entre eux choisissent cette profession par dépit. Parce que c'est l'un des concours les plus faciles de la fonction publique (et on comprend bien pourquoi....)
Alors quand vient la désillusion on préfère s'en prendre au détenu car il est plus vulnérable et pas à la gestion chaotique de l'état et de l'administration penitencière

Mais si la vraie question était "comment faire que l'incarcération apporte quelque chose de positif au détenu?" en serions nous la aujourd'hui?

Quand un homme ou une femme est emprisonné,il perd tout (famille, travail, repères).
Qu'espérons nous en le relâchant du jour au lendemain sans preparation,sans lui donner une chance de s'amender et de recommencer une vie loin des erreurs passées?
Pourquoi l'état ne développerait un programme de formation adapté et un partenariat avec des entreprises qui embaucheraient un ancien détenu et qui percevraient une prime pour cela? Je ne dit pas que ca aurait un taux de récidive à 0 mais cela le réduirait je pense.

On sait tous que l'oisiveté est la mère de tout les vices. Mais pourtant les détenus sont enfermés quasiment H24 dans une cellule à tourner comme un poisson dans un bocal.
Soyons honnêtes, l'administration pénitentiaire se plaint de la violence des détenus alors qu'ils les mettent dans des conditions qui développent ce type de comportement.

Ca y est je me suis emportée et je fini par m'éparpiller...

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Re: [Témoignage]un collectif de détenus sexprime

Message  Tatie le Lun 26 Fév 2018, 23:25

Manuliah a écrit:Participer aux différents débats n'est pas toujours chose facile....

non, c'est pas si difficile, la preuve, tu as réussi à dire un certain nombre de chose

sauf que ces choses là auraient eu leur place ailleurs que sous la parole de ces personnes détenus
ce sont certains détenus qui nous font part de leur vécu et, c'est de leur vécu qu'il aurait fallu parler, pas de généralités mais d'eux qui nous parlent de comment ils ont vécu la gréve des matons et les consequences sur eux, comment ils affrontent la violence subie, des suicides volontaires ou provoqués ou déguisés. Comment on les shoote pour avoir la paix ou pour s'en servir comme carotte ou pour etre docile et obéissant..
c'est à ces mecs là qu'il aurait fallu parler.

quand à dire que tu n'en veux meme pas au gardiens après avoir lu ce que ces prisonniers en disent, ce qu'ils nous décrivent, ça me laisse sans voix!
Les matons ont décidé faire ce metier, meme si c'est par défaut c'est leur choix, ils peuvent démissionner, mais dire que tu leur en veux pas de se venger par dépit et deception, que tu ne leur en veux pas des violences qu'ils font sciemment sur les détenus, c'est sidérant. et si c’était ton mec qui te racontait ça?
si ton patron te déçoit, tu vas t'en prendre aux apprentis, aux intérimaires, à tes collègues de ta boite avec qui tu bosses, parce que tu es pas contente, pour faire passer ta frustration?
rien n’excuse leur comportements, rien !

et oser dire ça sous ces paroles fortes , c'est juste incomprehensible!

ils nous lisent, j'imagine meme pas ce qu'ils doivent en penser...
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Re: [Témoignage]un collectif de détenus sexprime

Message  Manuliah le Mar 27 Fév 2018, 00:34

En me relisant je me rend compte que je n'ai pas été assez précise dans mon discours.
Je ne parle pas des surveillants malveillants. des mauvaises personnes il y en a partout et malheureusement je ne voit pas quoi faire pour les dénoncer pour cesser ces agissements. Je parle de ceux qui voient le mauvais traitement mais impuissants et désabusés ferment les yeux.
Je suis parfaitement au fait de tout ce qui se passe a l'intérieur mon compagnon m'en parle tout les jours. il m'arrive meme d'entendre quand nous sommes au téléphone. je ne sais mm pas quoi lui répondre à ces moments la, car je ne voit pas de solution a lui proposer. alors j'écoute en espérant que ca puisse au moins lui permettre d'évacuer un minimum. il déverse parfois un tel flot d'information que je n'arrive pas toujours a gerer

Je n'ai vraiment pas voulu paraître insensible ou désintéressée de leur sort. Je me suis éloignée du sujet principal.

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Re: [Témoignage]un collectif de détenus sexprime

Message  Tatie le Mar 27 Fév 2018, 08:03

Manuliah a écrit: Je parle de ceux qui voient le mauvais traitement mais impuissants et désabusés ferment les yeux.


en fermant les yeux, ils sont complices et autant coupables que les autres !

et tu continue à parler de tout sauf des personnes qui ont écrit , tu n'as rien compris à la valeur de ce témoignage. Ce sont des vraies personnes qui parlent là et qui ne demandaient qu'un petit mot à leur égard, qu'une prise en compte de leurs paroles à eux

Leur parler à eux, d'eux, c'est si dur que ça?

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Re: [Témoignage]un collectif de détenus sexprime

Message  Mehdigwen le Mar 27 Fév 2018, 09:19

Des témoignages bien importants ; qui d'autre, mieux que vous qui êtes incarcérés, peut partager ce qui se vit en prison ? Avec une vision des choses qui parfois nous échappe (téléphone, respecto ....), des témoignage sur des violences, tortures : maintenant que nous savons : pas possible de rester indifférent !
Alors merci d'avoir pris le temps, le risque de témoigner, de dénoncer, à nous de relayer .....

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Re: [Témoignage]un collectif de détenus sexprime

Message  Atipika le Mar 27 Fév 2018, 09:37

Bonjour, en tout cas moi je trouve ça déjà très courageux qu'ils prennent la parole quand on sait que si on les reconnaît ils risquent gros au niveau des représailles, justement des matons qui les torturent déjà.
Et perso je trouve qu'on peut mettre dans le même panier les surveillant(e)s qui poussent ou essayent de pousser à la réaction des détenu(e)s afin de légitimer leur mouvement de grève et celles et ceux qui ne font peut-être rien pour aggraver les choses mais rien non plus pour ralentir leurs collègues enragé(e)s.
Je regarde de temps en temps le site Actupenit et franchement leur manière de présenter les évènement est abject, alarmante et fait forcément peur à un mec lambda qui ne connaît rien à ce qui se passe en prison.
Il faudrait que plus de sites laissent la place aux paroles des détenu(s) afin que petit à petit les mentalités de la population change.
En attendant, moi, à mon tout petit niveau, je ne cache à personne où se trouve ma compagne, quelles que soient les réflexions dans mon dos que j'ai décidé de ne pas entendre, et ça me permet d'expliquer ce que les 3/4 de la population ignore: les prix des cantines, l'hygiène (3 douches/semaines dans les anciennes prisons), les 22H/24 dans les cellules, le sadisme dont peut faire preuve une partie des matonnes (je ne "connais" que les quartiers de femmes), les mises à nu systématiques à la sortie des parloirs...
Si déjà chacun et chacune des inscrits sur ce site essayaient au maximum de parler de la 'vraie' prison, ça ferait avancer petit à petit les mentalités.
Du moins c'est tout ce qu'on peut faire et tout ce qu'on peut espérer, que ça change.
Pour finir je vous remercie "collectif de détenus" d'avoir pris tous ces risques pour tenter de nous ouvrir les yeux et j'espère que nous serons nombreuses et nombreux sur ce forum à relayer votre parole. Je vous souhaite beaucoup de courage pour la suite de vos détentions.
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Re: [Témoignage]un collectif de détenus sexprime

Message  Tatie le Mar 27 Fév 2018, 09:46

Atipika a écrit:
Pour finir
pour finir? alors que c’était l'essentiel?
bon sang! mais pourquoi toujours tout ramener à soi ou à son proche quand quelqu’un d'autre parle !

décidément rien ne changera jamais ici !

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Re: [Témoignage]un collectif de détenus sexprime

Message  mimi93 le Mar 27 Fév 2018, 23:25

bonsoir chers détenus,cher collectif et je vous remercie de ce témoignage,de nous apprendre énormément de choses;nous serons toujours là pour vous lire, pour communiquer avec vous;c'est un plaisir.

mimi93
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Re: [Témoignage]un collectif de détenus sexprime

Message  Tatie le Mer 28 Fév 2018, 09:01

mimi93 a écrit:c'est un plaisir.
un plaisir?
perso je sais pas comment on peut employer ce terme quand on lit autant de souffrance, autant de colère, autant de désespoir et de dépit dans les mots donnés à lire.
on peut etre emu, compatissant, en colère, choqué, triste, reconnaissant du partage, mais je vois mal comment ça peut etre un plaisir.
un plaisir, c'est une sensation agréable, alors là je vois pas comment là, ça puisse en etre une ...
à moins de se délecter de la souffrance des autres.
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