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[Actu-discussion]« captifs à l’extérieur »

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[Actu-discussion]« captifs à l’extérieur »

Message  Tatie le Mar 05 Juin 2018, 10:44

L’Observatoire international des prisons se veut le relais «des gens qui ne sont pas écoutés», détenus comme familles.

L’Observatoire international des prisons (OIP) ne manque pas de travail. « Nous sommes le relais des gens qui ne sont pas écoutés », explique François Bès, coordinateur du pôle enquête de l’OIP. Ces gens qui ne sont pas écoutés, ce sont les détenus, mais aussi les familles, « captifs à l’extérieur » comme aime à le rappeler l’OIP. « Les proches sont un peu les oubliés de l’histoire, poursuit-il. Si les détenus ont été condamnés, les familles subissent sans avoir rien fait. Et ça, ça peut arriver à tout le monde. »

Ce qui revient souvent dans le stress des proches ? « Le coût financier, répond François Bès. Le coût des déplacements, les honoraires d’avocat. Cela crée des situations compliquées. Certains lâchent leur boulot. » Mais ce qui crée le plus d’angoisse, ce sont les règlements intérieurs qui varient d’un établissement à l’autre. « Le plus perturbant, c’est l’arbitraire », tranche François Bès. Comprendre : des règles qui sont appliquées selon le bon vouloir des surveillants. « D’un gardien à l’autre, tout peut être différent », reprend-il.


«Dès le parloir, les familles sont suspectes»
Exemple : dans certaines prisons, les serviettes de bains doivent mesurer 1,10 m alors que dans d’autres, elles peuvent atteindre 1,30 m. L’interprétation de la couleur d’un vêtement dépend aussi des surveillants qui trient le linge apporté. La couleur kaki est proscrite. « Pourtant on m’a déjà refusé un tee-shirt vert bouteille », dénonce une maman. Un tee-shirt rouge du PSG a aussi été refusé en raison du logo, rond, rappelant trop celui de l’administration pénitentiaire.

« Dès le parloir, les familles sont suspectes, reprend François Bès. Pour les gardiens, c’est par elles que peuvent arriver des objets interdits comme des téléphones. Il faut se dire que pour les détenus, le portable ne sert pas aux trafics mais à conserver un lien avec la famille. Dans certains cas, ça évite des suicides. La cabine téléphonique leur coûte en 150 et 200 € par mois. Et ils ne peuvent l’utiliser que lors des promenades, à des horaires où les conjoints sont au travail et les enfants à l’école. Or, c’est le lien avec la famille qui leur permet de passer plus facilement à autre chose une fois dehors. »

Le parisien-04-06-18
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Re: [Actu-discussion]« captifs à l’extérieur »

Message  Tatie le Mar 05 Juin 2018, 10:49

l'oip tente donc de dénoncer un certain nombre de choses du dedans comme du dehors.

avez-vous été confronté aux situations qui sont dénoncées ou à d'autres? si oui, lesquelles?

dites vous à votre proche ce qui se passe avant le parloir ou après?
vous en parle-t-il?
comment le vit-il?
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Re: [Actu-discussion]« captifs à l’extérieur »

Message  Tatie le Mar 05 Juin 2018, 18:12

L’insécurité dans la prison et les suicides de ces derniers mois inquiètent des familles qui vivent l’enfermement de l’extérieur. Elles doivent faire avec le formalisme de l’administration et se disent à bout. Reportage à la fin du parloir.[/b]


Elle accélère le pas. Stressée. Pressée. A chaque personne qu’elle croise devant la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis, la même question : « Vous avez un sac zippé ? » Cette femme de détenu tourne en rond sur le parking des visiteurs avec, en main, un cabas non zippé contenant les vêtements prévus pour son conjoint. Le temps s’écoule. Sans sac réglementaire, elle va rater l’heure de son parloir. Dans le milieu carcéral, on appelle ça un « parloir fantôme ».

« C’est la hantise des détenus, ils n’aiment vraiment pas ça. Pendant 45 minutes, ils attendent dans la cabine sans savoir pourquoi la personne n’est pas venue. Ça les rend fous », explique Sophia*, une maman qui rend visite à son fils trois fois par semaine. Aussi souvent que possible, malgré les 500 km qui séparent son domicile de la plus grande prison d’Europe.

La femme au cabas trouve finalement le bon sac exigé par l’administration pénitentiaire dans une épicerie toute proche où les familles des nouveaux détenus défilent souvent dans l’urgence. « C’est une de nos sources de stress », poursuit Sophia.



Début mai, un petit groupe de proches inquiets du climat a improvisé un mouvement de grogne devant la prison. En cause, notamment « l’attitude de surveillants ». « Quotidiennement, il y a des brimades, des humiliations, tempête Nadia*. Des fouilles à nu systématiques alors que normalement, ils n’ont pas le droit. » Des propos formellement niés par les surveillants. Cette autre femme s’énerve : « C’est une honte ! » Une autre lance : « Dès qu’on sort du parloir, on a le cœur gros. »

[b]Des proches obligés de s’endetter

Pour rendre visite à son fils, Sophia, salariée dans le milieu médical, a laissé son travail de côté. Car pour décrocher un parloir, il faut s’armer de patience et pouvoir passer chaque semaine plusieurs heures au téléphone. Cette mère a aussi passé son permis de conduire en quelques semaines, acheté une voiture et souscrit des prêts. « J’ai déjà dépensé au moins 20 000 €, confie-t-elle. Je vais encore devoir prendre des crédits. »

Durant trois semaines, elle s’est logée dans un Airbnb proche de la prison. Les autres fois, elle allait dans les hôtels du coin. « Je ne suis pas habituée à la prison. Quand je suis arrivée, je ne savais pas comment cela se passait. J’entendais des mots, on me parlait de baveux, de chtar… Je ne connais pas ce vocabulaire et ce n’est pas celui de mon fils. »

«Dès qu’on sort du parloir, on a le cœur gros»

« Nous avons peur avec tout ce qui se passe dans la prison. Dès que le téléphone sonne, nous pensons au pire », lâche Samia*. « Nous sommes aussi en prison, estime Annie*, dont l’époux est en détention provisoire depuis trois ans et demi. Nous réglons notre vie par rapport à ça. Il ne faut pas compter son temps ni son argent. »

Sophia reprend : « C’est tellement horrible tout ce que me raconte mon fils, que c’est impossible pour moi de rentrer et de dormir sachant ce qu’il s’y passe. Il a déjà changé. C’est quelqu’un de doux. Un jour, en plein parloir, il s’est levé et s’est mis à taper dans les murs. Je ne l’avais jamais vu comme ça. On sait que la prison c’est dur, que ce n’est pas un club de vacances, mais il y a des limites.»



Un collectif en cours de création
Nadia* veut que les familles soient entendues. Cette femme dont le fils est écroué vient trois fois par semaine au parloir. Les récits de celui-ci l’ont poussée à se mobiliser et elle a réussi à fédérer une dizaine de proches de détenus autour d’elle. Car si une affichette apposée dans la Maison des familles par l’administration liste les principales règles, c’est surtout l’entraide entre proches qui les aident à comprendre tous les rouages de la maison d’arrêt.

Un jour, Nadia a appris qu’il existait un cahier de doléances dans cet accueil. Nous l’avons accompagnée pour en prendre connaissance. Il s’agit d’un registre qui a bien vécu, composé de feuilles volantes. Le dernier mot écrit par un proche de détenu date de mars 2017. « Nous faisons remonter au chef » se défendent les deux surveillants qui conservent ce cahier.

« Nous ne sommes pas considérés par l’administration, reprend Nadia. Il y a beaucoup de dysfonctionnements et notre parole n’est pas prise en compte. » Elle a d’ailleurs écrit au Contrôleur général des lieux de privation de liberté pour raconter ses visites au parloir et les incidents.

A Châteauroux (Indre), des familles de détenus ont eu une démarche similaire et ont créé un Syndicat pour la protection et le respect des prisonniers (PPRP).

* Cette mère a souhaité garder l’anonymat.



Fleury-Mérogis est la plus grande prison d’Europe, avec, au 1er janvier dernier, 4 504 personnes incarcérées pour 2 857 places. Avec une surpopulation de 165,18 % à la maison d’arrêt pour hommes. Ces dernières semaines, les agressions se sont multipliées dans la prison et les suicides de détenus sont en augmentation. Huit d’entre eux ont mis fin à leurs jours. Un contexte dans lequel les surveillants sont également mobilisés contre les agressions en série, les syndicats dénonçant le suicide de collègues.
Un plan de prévention des suicides
Huit suicides depuis le début de l’année à Fleury-Mérogis. Le chiffre inquiète les familles. Mais aussi l’administration pénitentiaire qui a mis en place en 2009 un plan national de prévention des suicides. « Quand il y a un passage à l’acte, il peut y avoir un effet contagion, analyse-t-on à la Direction interrégionale des services pénitentiaires (DISP) de Paris. La nouvelle d’un suicide se répand vite en prison. Nous essayons de détecter les niveaux de vulnérabilité de chaque détenu grâce à une grille d’évaluation. Les surveillants font attention, parlent avec les proches et les détenus. Des groupes de parole sont mis en place. » Du moins, dans l’idéal.

« Au jour le jour, nous n’avons plus le temps de parler avec un détenu qui n’irait pas bien, explique un surveillant. Il y a quelques années, nous avions du temps pour discuter un peu. Nous sommes désormais si peu nombreux que si nous prenons un quart d’heure avec un détenu, nous prenons du retard sur tout le reste. »
meme source
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Re: [Actu-discussion]« captifs à l’extérieur »

Message  Tatie le Mar 05 Juin 2018, 18:13

vous reconnaissez-vous dans ces témoignages?
rejoindriez-vous ou créeriez-vous un collectif à votre tour?
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Re: [Actu-discussion]« captifs à l’extérieur »

Message  Atipika le Mer 06 Juin 2018, 06:49

J'ai déjà pensé à rejoindre un collectif mais pas à en créer un, je pense que ça doit être une organisation rigoureuse et beaucoup de travail pour le gérer correctement et je n'ai pas le temps actuellement.
Il y aurait tellement à faire, à dire, à propager dans les médias et dans la tête des gens pour faire évoluer ces situations plus ou moins catastrophiques selon les prisons.
Parce que déjà il faudrait plus d'uniformisation dans tous les établissements, là tout est tellement différent d'un lieu à un autre, d'un maton à un autre…
J'essaye d'aider les familles qui ont l'air perdues mais je ne peux pas faire grand chose de plus à l'heure actuelle.
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