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[Témoignage-OIP] Les fouilles intégrales en détention

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[Témoignage-OIP] Les fouilles intégrales en détention

Message  Atipika le Sam 13 Oct 2018, 12:30

Like a Star @ heaven Les fouilles intégrales en détentionLike a Star @ heaven

Extraits de témoignages de personnes détenues  sur les fouilles intégrales systématiques

« J'ai connu la prison il y a longtemps en allant voir un copain qui était détenu. La première fois que je l'ai vu, il était content de me voir. Mais le temps passe vite au parloir. Je lui dis : "Ça va bientôt se terminer." Et là il se met à pleurer. Un type qui avait 55 ans, il se met à pleurer comme un enfant, y'a pas d'autres mots, à sangloter vraiment. Je lui dis : "Mais enfin attends ne te mets pas dans cet état-là, R. vient te voir mercredi, moi samedi prochain tu n'es pas seul." J'essayais de le réconforter. Il me dit : "Mais ce n'est pas pour ça". Je lui dis : "Pourquoi alors ?" Il me dit : "Il faut que tu saches que maintenant je vais être fouillé, et ça c'est terrible » (B.D., visiteur en maison d'arrêt).

« Je refuse de montrer mon sexe et mets ma main devant. Il me demande quand même de voir et de lui donner le caleçon. Après avoir vu devant, je dois me tourner. Cela me détruit, j'en ai vraiment ras le bol. Pour moi, ça reste interdit, je souhaiterai vraiment pouvoir porter plainte. Ça reste une vraie obligation de faire de l’exhibitionnisme devant eux, voire même une agression sexuelle » (personne détenue en centre de détention).  

« En centrale, les types ont des relations sexuelles au parloir avec leurs femmes et ça se voit. C'est ça aussi l'humiliation pour toi et le surveillant, même s'ils ont des gants, c'est humiliant. Et puis même s'il ne se passe rien et que simplement sa présence t'excite, dix minutes avant la fin du parloir tu fais en sorte d'éviter tout contact, même les mains, pour ne pas arriver à la fouille en érection. On sait que ça ne répond pas à un souci sécuritaire, la fouille, c'est l'acte qui te fait passer de la normalité, du statut d'être humain à celui de taulard. C'est de l'humiliation, s'il devait n'y avoir qu'un mot ce serait humiliation » (personne détenue en maison centrale).  

« Enceinte, je reçois des visites aux parloirs et unités de vie familiale de mes proches très régulièrement (toutes les semaines) et à chaque fois je suis soumise à une fouille à corps. Durant celle-ci, je suis contrainte d'ôter en intégralité mes vêtements et sous-vêtements qui sont palpés et fouillés par la surveillante. Ensuite, on me demande de me décoiffer (même si je n'ai qu'une frange qui soit retenue par une pince miniature) et de secouer mes cheveux. Puis on me demande de me retourner (nue, les fesses à l'air) afin que la surveillante puisse regarder l'intégralité de mon dos, ainsi que la plante de mes pieds. La fouille à corps, telle que précédemment décrite, est déjà une humiliation avérée, mais récemment il m'a été demandé en plus, et à deux parloirs différents, de soulever ma poitrine. Je n'ai pas compris cette démarche dans la mesure où ma corpulence n'a pas, à ce point, changé en un an. Qui plus est, je n'ai jamais commis la moindre mauvaise action en détention, qui pourrait justifier une méfiance particulière à mon égard. J'ai de plus en plus l'impression qu'on nous fait subir tout et n'importe quoi, sous couvert de "sécurité" » (Femme détenue en centre de détention).  

« J'ai environ 1 parloir toutes les 3 semaines avec mes parents de 80 et 78 ans. À chaque fois, au retour de parloir, je dois me déshabiller totalement en présence de surveillants, 3 ou 4 en général car les fouilles à corps se pratiquent dans une pièce contenant 3 ou 4 parloirs ouverts. Cette pratique de mise à nu est systématique. Je trouve cela humiliant et dégradant. Ce manque d'intimité dans les boxes de fouille génère des plaisanteries sur la taille des organes génitaux et la beauté de nos fondements respectifs. Je refuse de subir cette humiliation systématique d'autant que je n'appartiens pas à la population à risque (...). Je considère cette pratique de l'administration pénitentiaire comme une des nombreuses tentatives d'humiliation inutiles instituées dans le centre de détention » (Détenu dans un centre de détention).  

« Je me souviens d'amies qui avaient droit à une fouille à nu en sortant de la prison pour aller au palais de justice, puis une en sortant du palais et une quatrième en rentrant à la prison. Alors qu'elles étaient menottées et encadrées par des équipes de flics. C'est kafkaïen. Si l'on veut un tout sécuritaire qui ne laisse rien filtrer, c'est possible. Mais d'un autre côté à quoi ça sert ? La proportion d'évasion est infime alors que celle des gens qui pètent les plombs parce qu'on est traités de manière indigne, c'est ça qui est dangereux. La logique elle-même n'est pas justifiable » (femme détenue en maison d'arrêt sous le régime de la détention provisoire).

« La fouille à nu est systématique après chaque parloir. On doit tout enlever, haut bas, chaussures, chaussettes, culotte, soutien-gorge, serviette hygiénique (en cas de règles). La surveillante fouille méticuleusement chaque vêtement. Pendant ce temps nous restons nues devant elle. Puis, ouvrir la bouche, secouer les cheveux, soulever les seins et écarter les bourrelets. Plante des pieds vérifiées et tourner sur soi-même avant de se rhabiller. »

« À poil ! Je veux vous voir complètement à poil ! Penchez-vous, tournez-vous !" Une horreur ! Par 37°C ce jour-là, j'ai été maintenu dans une pièce sans protection  (soleil), cela 3h15 durant. Suffocant, presque asphyxie. […] Tout ce supplice pour une clé USB, une blague de potache reconnu ultérieurement au prétoir. »

« A la fouille à corps intégrale qu'on m'a imposée le 15 février 2017 voici ce qu'il s'est passé : Alors qu'un jeune surveillant voulant m'enlever la chaussure pendant cette fouille, le chef de sécurité du CD se mêla à cette initiative et me poussa pour me faire tomber sur le lit de la cellule du QD, puis enleva mes vêtements avec violence, comme un violeur et les éjecta dans le couloir en dehors de la cellule. Ce sont les autres surveillants qui les ramasseront. »

« Lors de mon jugement en appel aux assises, qui a duré 3 jours, j'ai été fouillé à nu à mon départ pour le tribunal et à mon retour tous les jours. La pratique consiste à se déshabiller totalement devant un surveillant qui vérifie les habits un par un, y compris le slip ou le caleçon. Vous levez les bras en tournant sur vous-même, mais ils ne m'ont pas demandé de me baisser en avant pour vérifier entre les fesses. »
« Nous sommes humiliées à chaque sortie de parloir en étant fouillées systématiquement nu, sans sous-vêtement et il n'y a pas d'exception. Nous sommes toutes mises à nue. »  

« Dès notre arrivée nous sommes déshabillées et on nous demande de nous baisser. Nous sommes régulièrement fouillées et déshabillées pour un oui ou pour un non en fonction de l'humeur des surveillants, ce qui est très humiliant. Nous sommes traitées comme des chiens et nous ne sommes que des numéros. »

« J'ai été victime d'attouchement par un surveillant et un officier lors d'une fouille à corps. L'officier m'a fait une clé de bras et ensuite une main est rentrée dans mes fesses. J'ai subi cet attouchement dans une salle d'attente entre-ouverte. Des détenus en passant devant m'ont vu nu car l'officier m'a obligé à rester nu sans pouvoir cacher mon sexe avec mes mains pendant environ 5 minutes. Cela m'a choqué et humilié. Quand j'ai signalé à un chef que je voulais porter plainte on m'a proposé un arrangement que j'ai aussitôt refusé. »

« Je peux vous dire que depuis 2 ans que je suis ici, j'ai subi 30-40 fouilles intégrales à nu (en écartant les jambes SVP) et on n'a jamais trouvé un bonbon. »

« Lors des parloirs je suis constamment fouillé de la plus honteuse des manières. Je suis déshabillé devant tous les détenus à la sortie du parloir. J'ai fait savoir au surveillant que je suis mal à l'aise devant tous ces gens et qu'il serait préférable que je sois dans une cabine. Ce dernier a intensifié la fouille en me demandant de me baisser, d'ouvrir la bouche. Tout cela devant tous les détenus qui sortent du parloir. »

« Dans un autre lieu d'incarcération que Muret j'ai eu le droit à l'occasion d'une fouille à nu à un "soulève tes couilles" ou "relève ton service 3 pièces". J'ai répondu qu'on n’avait pas élevé les cochons ensemble et d'arrêter immédiatement ces familiarités avec moi. Je refuse ces pratiques comme de me pencher en avant et tousser, faire la grenouille ou ouvrir la bouche, etc. Je me déshabille, je leur donne mes vêtements, je cache mon sexe le plus possible. »

«J’ai eu une opération du sexe et devoir me mettre tout nu à chaque visite de la famille me détruit. Alors je demande à ma famille de ne pas venir me voir deux fois par semaine parce que c’est traumatisant pour moi. »

« Ma fille est fouillée à chaque parloir même quand elle ne sonne pas […] je trouve que ça met en cause les personnes qui viennent la voir, on est considéré comme suspect. Je ne peux plus tolérer cela car j’ai 68 ans. »

Écrit le 31 Mai 2018
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