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[point de vue]Le très difficile maintien des liens familiaux

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[point de vue]Le très difficile maintien des liens familiaux

Message  Tatie le Dim 21 Oct 2018, 07:30

Prisons et réinsertion ? Le très difficile maintien des liens familiaux

Dans sa circulaire du 19 janvier 2017 détaillant le décret n° 2016-1222 du 14 septembre 2016, le garde des sceaux, ministre de la justice juge utile de rappeler que « L’incarcération de la personne condamné nécessite que le maintien des liens avec sa famille soit assuré ». Et pourtant...

Sur le site du ministère on peut lire : « Le maintien des liens familiaux, condition fondamentale de la réinsertion des personnes placées sous main de justice et de la prévention de la récidive, est une des principales missions de l’administration pénitentiaire ».

Qu’en est-il dans la réalité quotidienne de nos prisons du maintien des liens familiaux qui est selon le ministère l’une des principales missions de l’administration pénitentiaire ?


La correspondance :

La correspondance des personnes détenues est réglementée dans le code de procédure pénale sous les articles R 57-8-16 à R 57-8-20. Il est spécifié : « Les personnes détenues peuvent correspondre par écrit tous les jours et sans limitation avec toute personne de leur choix. »

Toutefois cette mesure qui semble très favorable dans sa formulation se heurte à plusieurs obstacles majeurs : le coût des timbres avec ces dernières années une augmentation moyenne de 10 % par an, alors que le travail en détention est difficilement accessible, très majoritairement sous-payé et jamais revalorisé. Les personnes détenues sans ressources (jusqu’à 35 % de la population pénale) reçoivent deux enveloppes timbrées par mois et voient donc ce droit considérablement limité, d’autant plus que cette « généreuse » dotation doit également leur permettre de communiquer avec leur avocat ou des administrations telles que leur caisse d’assurance maladie…

Par ailleurs, et bien que le contrôle systématique des courriers par l’administration pénitentiaire ne figure plus dans la rédaction du code de procédure pénale, cette pratique se poursuit et, par sa nature très intrusive, limite considérablement l’expression de sentiments ou l’échanges de propos intimes.

Le téléphone :

Le coût des appels est prohibitif (cf tableau ci-dessous). Les familles sont de moins en moins joignables sur des postes fixes. Aucune mesure d’aide ou d’unités gratuites ne permet aux indigents d’accéder au téléphone. Les conversations sont enregistrées et écoutées, ce qui crée les mêmes atteintes intrusives que pour les correspondances. On ne s’étonnera pas qu’au prix d’un abonnement mobile les personnes détenues préféreront toujours ce moyen pour rester en contact avec leurs proches.

L’annonce des téléphones en cellules, dont le coût devrait rester peu ou prou du même ordre, ne réduira pas ce recours.



Les parloirs :


Les parloirs sont des espaces réduits et mal isolés, voire des salles communes bruyantes dans certains établissements ; où les rencontres sont brèves (entre 30 minutes et 1h30, selon les établissement et l’obtention ou non de « parloirs prolongés ») ; qui se déroulent sous la surveillance constante et plus ou moins intrusive des personnels pénitentiaires. Si ces endroits permettent de se voir, ils ne sont pas des lieux où s’entretiennent ou se renouent des liens familiaux. Limités en raison de la surpopulation dans les maisons d’arrêt, Ils peuvent également l’être par l’éloignement géographique dans les établissements pour peine dans lesquels le critère de rapprochement familial cède le pas à des considérations liées au type d’établissement, au profil pénal de la personne concernée et à d’autres critères plus obscurs dont la seule finalité semble être de faire obstacle à tout ce qui favoriserait le maintien des liens…

Les unités de vie familiale (UVF) :

Institués par la loi pénitentiaire de 2009, ces UVF devraient être présentes dans tous les établissements pénitentiaires pour satisfaire a la mission prioritaire du maintien des liens familiaux. Seuls 48 établissements sur 188 en sont équipés au 1er Juillet 2018, dont certains ne sont pas ou plus fonctionnels à ce jour.

Ce sont des appartements meublés de type F2 ou F3 implantés dans les établissements pénitentiaires. Les personnes détenues peuvent y recevoir un ou plusieurs proches pendant une durée comprise entre 6 et 72 heures.

Les visites ont lieu hors la présence du personnel de surveillance, qui ne peut ni voir, ni entendre ce qui se passe à l’intérieur de l’UVF. Le détenu et ses proches organisent librement leur temps au sein de l’UVF.

Les permissions de sortir :

Face à cette carence des pouvoirs publics, on pourrait s’attendre à ce que les magistrats de l’application des peines accordent des permissions de sortir pour maintien des liens familiaux. Il n’en est malheureusement rien.

En dépit de la circulaire du 19 janvier 2017, citée en chapô, qui rappelle en préambule le nécessaire maintiens des liens familiaux, puis incite les magistrats à utiliser les modifications introduites par le décret du 16 septembre 2018 pour les favoriser. Ceux-ci s’obstinent à prendre des décisions contraires aux textes en vigueur, n’hésitant pas à opposer l’argument « fin de peine éloignée » à des demandes qui répondent pourtant aux exigences de l’article D 143-1 du code de procédure pénale, qui prévoit que les permissions sont accordées dès le tiers de peine. Le législateur a souhaité cette disposition car quel serait le sens de telles permissions si elles n’étaient accordées que tardivement alors que les liens familiaux ont déjà été brisés par plusieurs années de détention et des contacts rares et de mauvaise qualité ?

mediapart -18-10-18
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Re: [point de vue]Le très difficile maintien des liens familiaux

Message  Tatie le Dim 21 Oct 2018, 07:34

y a encore du boulot pour que la réalité rejoigne les écrits et respecte les lois!

à chaque gouvernement son plan prison mais jamais un seul n'a pris à bras le corps le problème et a décidé d'appliquer déjà ce qui existe, ce qui est possible, ce qui est du minimum acceptable, le gouvernement rajoute des strates à l'existant sans regarder si ce qui est déjà acté est appliqué correctement.
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Re: [point de vue]Le très difficile maintien des liens familiaux

Message  clarisse56 le Dim 21 Oct 2018, 09:23

Bonjour,
Je suis bien d'accord avec toi, la correspondance coûte cher, moi même je peux prendre des actions chez la poste! Entre mes envois et les timbres que j'envoie à mon proche, ça fait une tite somme. Mais lui a ses proches pour les timbres et enveloppes.
Tu parles des indigents, pour eux tout est galère, ils ne peuvent compter sur personne. C'est se moquer d'eux, 2 enveloppes timbrées par mois!!!
Mais j'ai une question sur les permissions : y a t il une durée minimale entre l'incarcération et le moment où un détenu peut demander une perm?
Bonne journée

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Re: [point de vue]Le très difficile maintien des liens familiaux

Message  Tatie le Dim 21 Oct 2018, 12:39

clarisse56 a écrit:Bonjour,
Je suis bien d'accord avec toi,

Bonjour
je doute que l'auteur de ce point de vue ( publié sur Mediapart comme indiqué) vienne lire les commentaires ici.

et pour ta question, il y a une rubrique "question" sur le forum où cela serait plus judicieux de poster
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Re: [point de vue]Le très difficile maintien des liens familiaux

Message  clarisse56 le Dim 21 Oct 2018, 13:56

Effectivement, tu n'es pas l'auteur, merci de me le préciser (je lirais avec plus de perspicacité les prochaines fois). Mais cela n'empêche, je suis d'accord avec ce qu'il écrit. J'essaie juste de répondre à l'exigence de paricipation de ce forum, que je trouve juste, en me servant de ce que je vis. Etant nouvelle ici et nouvelle dans le monde de la prison en tant que proche de détenu, peut être que mes avis ne sont pas très aiguisés!
Je vais suivre ton indication et chercher une réponse dans la bonne rubrique. Bonne journée, ce forum m'est d'une vraie aide quoi qu'il en soit.

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Re: [point de vue]Le très difficile maintien des liens familiaux

Message  clarisse56 le Dim 21 Oct 2018, 14:08

C'est ce que je fais! Et j'ai trouvé ma réponse dans la bonne rubrique indiquée par Tati, du coup c'est nikel!

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Re: [point de vue]Le très difficile maintien des liens familiaux

Message  Atipika le Dim 21 Oct 2018, 20:41

De toute façon chaque gouvernement décide juste de construire quelques prisons de plus que les juges se chargent de remplir aussitôt. Rien n'est fait pour réellement rapprocher les familles pour renforcer les liens familiaux alors même qu'il est dit dans des articles accompagnés de chiffres que ces liens familiaux sont très importants pour lutter contre la récidive.
Ce n'est pas en prenant des petites "mesurettes" qu'on changera tout ce qui ne va pas. À quand un gouvernement digne de ce nom qui prenne à bras le corps tous les dysfonctionnements et qui s'y attaque vraiment ????
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Message  bibiches22 le Mer 24 Oct 2018, 09:23

Mon compagnon est incarcéré depuis plus d'un mois en MA, il m'a écrit des lettres que je n'ai toujours pas reçu. La juge doit les lire, mais je trouve ça horrible d'attendre autant de temps pour recevoir quelques lettres. De son côté c'est pareil il met beaucoup de temps à recevoir les miennes.
Je passe ma vie chez la poste entre les timbres, les lettres recommandées pour la juge. Je lui en met plusieurs dans chacune de mes lettres avec des enveloppes, et du papier. Mais je sais même pas si il reçoit bien tout.
Bon courage à tous

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Re: [point de vue]Le très difficile maintien des liens familiaux

Message  Dama le Mer 07 Nov 2018, 11:01

Ce que je faisais lorsque j'écrivais à mon conjoint, et que je lui envoyais des timbres, je lui disais sur ma lettre, et le nombre que je lui envoyais. Les fois où, je lui écrivais un pavé, je notais bien à chaque fois, en haut de chaque feuilles le numéro de la page et le nom avec son numéro d'écrou. Quant aux enveloppes, je lui met dans son linge propre que je lui déposais pour les parloirs Smile y a des surveillants qui acceptent, d'autres non... C'est déstabilisant

Courage à toi et à ton détenu

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Re: [point de vue]Le très difficile maintien des liens familiaux

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