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Message  Tatie le Sam 24 Aoû 2019, 14:47

Une vie entre les murs: le défi des longues peines de prison


L'un ne veut plus sortir après près d'un demi-siècle en prison.
Un autre multiplie les incidents et les années à l'isolement.
Plusieurs ont replongé après leur libération
.
Des spécialistes des longues peines pointent la gestion complexe de ces détenus "sans espoir" et leur épineuse réinsertion.

"Pour pouvoir survivre, leur avenir n'est pas à 20 ou 30 ans, mais à dix ou quinze jours", assure le directeur du centre de détention d'Argentan (Orne), passé par les maisons centrales de Saint-Martin-de-Ré (Charente-Maritime) et de Condé-sur-Sarthe (Orne).

Cinq, dix ou vingt ans? Il n'existe pas de définition de la longue peine, mais pour lui au-delà de "dix, douze ans, on sent une rupture avec l'extérieur. Il y a une telle évolution technologique, sociétale qu'ils sont complètement déconnectés quand ils sortent".

Des études ont démontré que les effets psycho-sociaux d'une incarcération et la perte d'autonomie et de repères se ressentent dès cinq ans, rappelle Marie Ct, juriste à l'Observatoire international des prisons (OIP).

Les profils des longues peines - condamnés aux crimes les plus graves - sont aussi divers que les établissements qui les accueillent. Mais les maux d'une longue détention sont souvent les mêmes: distension du lien familial, sur-adaptation au milieu carcéral et anxiété à l'approche de la sortie.

Le plus ancien prisonnier de la maison centrale de Poissy (Yvelines), arrivé en 1972, ne veut pas en partir. Il est revenu d'une permission sous escorte en disant: "Ne me faites plus jamais sortir", raconte la directrice adjointe Isabelle Lorentz. "Il est incarcéré depuis tellement longtemps que l'institution est devenue son repère".

Il y a "ceux qui se laissent happer et ceux qui vont être dans le refus et l'opposition", distingue Marie C.

Les plus "ingérables" feront dix, vingt, cinquante établissements. Rachide B, condamné en 1996 à trois ans pour un braquage raté, libérable en 2038, est un "cas extrême".

Sa "résistance au système pénitentiaire" - outrage, menaces, jets d'excréments, agressions, prises d'otage ou encore trois feux de cellules qui lui coûteront "cinq ans chacun" selon Mme C - lui a valu d'amasser les condamnations "internes".

à suivre
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Message  Tatie le Sam 24 Aoû 2019, 14:48

- Sorties "manquées" -

Nombre de longues peines présentent des troubles psychiatriques, souvent renforcés par le poids et les années de la détention. "Ce sont ceux qui nous posent le plus de difficultés, avec les violents, car nos personnels sont peu formés", commente Cécile I, directrice de détention à la centrale d'Arles (Bouches-du-Rhône).

L'usure, l'intolérance à la frustration, l'absence de perspectives... "C'est le cercle vicieux: plus ils se dégradent, moins ils en sortent et on en fait des gens qui vont squatter nos quartiers d'isolement pour des années", remarque Vincent V, directeur du centre pénitentiaire ultrasécuritaire de Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais). L'un de ses ex-pensionnaires a ainsi passé "huit ou neuf ans" à l'isolement.

Juge de l'application des peines dans le ressort d'une autre prison très sécurisée, Condé-sur-Sarthe, Hugo R note un "paradoxe: parfois ce sont les personnes posant problème en détention qui ont des chances de s'adapter au milieu libre. Ils ont un potentiel pour lutter. Et retrouver la liberté, c'est aussi lutter sous certaines formes".

"La sur-habitude carcérale" fait que beaucoup "manquent la sortie", poursuit le juge, qui a compté "jusqu'à sept retours sur dix" à Condé.

"Parfois la longueur de peine est tellement importante que le retour à la case prison est inévitable", affirme un chef d'établissement, pour qui il manque en France une réflexion sur la durée des peines prononcées. "Condamner quelqu'un à 30 ans, quel sens ça a?", interroge-t-il.

En 2006, dix "perpèt" de la centrale de Clairvaux (Aube) avaient lancé un retentissant appel à rétablir la peine de mort, préférable selon eux à de trop longues peines les faisant "crever à petit feu".

Une décennie plus tard, les détenus longues peines restent "les grands oubliés des politiques pénales", déplore Marie C.

Selon les chiffres de l'Administration pénitentiaire, au 1er juillet 2018 près de 500 détenus purgeaient une peine de réclusion à perpétuité, un millier une peine supérieure à 20 ans et quelque 5.200 une peine de plus de dix ans. Plus de 71.000 personnes sont actuellement incarcérées en France.

l'obs le 24/08/19
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Message  Tatie le Sam 24 Aoû 2019, 14:59

pour rappel, je remets la lettre des "10 perpets

Appel des perpétuités de Clairvaux

Pour un rétablissement effectif de la peine de mort pour nous

A ceux de l’extérieur osant affirmer que la peine de mort est abolie Silence ! On achève bien les chevaux !...

Nous, les emmurés vivants à perpétuité du Centre pénitentiaire le plus sécuritaire de France (dont aucun de nous ne vaut un Papon) nous en appelons au rétablissement effectif de la peine de mort pour nous.

Assez d’hypocrisie ! Dès lors qu’on nous voue en réalité à une perpétuité réelle, sans aucune perspective effective de libération à l’issue de notre peine de sûreté, nous préférons encore en finir une bonne fois pour toute que de nous voir crever à petit feu, sans espoir d’aucun lendemain après bien plus de 20 années de misères absolues. A l’inverse des autres pays européens, derrière les murs gris de ses prisons indignes « la République des Lumières et des libertés » de 2006 nous torture et nous anéantit tranquillement en toute apparente légalité, « au nom du peuple Français », en nous assénant en fonction du climat social ou à la faveur d’un fait divers ou encore d’échéances électorales, mesures répressives sur mesures répressives sur le fondement du dogme en vogue du « tout sécuritaire. »..érigé en principe premier supplantant tous les autres.

Qu’on se rassure : de nos jours, ici, même « les mauvaises herbes ne repoussent plus. » I1 n’y a que le noir et le désespoir De surenchères en surenchères : la machine à broyer l’homme a pris impitoyablement le pas.

A quoi servent les peines de sûreté qu’on nous inflige quand une fois leur durée dûment purgée on n’a aucun espoir de recouvrer la liberté ? (depuis l’année 2000 à la Loi Perben II de 2005- on a fait mine de s’appliquer à légiférer en instituant de nouvelles « juridictions de libération conditionnelle », seulement, comme hier le ministre de la justice, les juges d’aujourd’hui à l’oreille de l’administration nous opposent... refus sur refus, nous vouant à des durées de détention à la Lucien Leger).

Pourtant sur « la finalité de la peine » l’Etat français, admettant que nous avons vocation de sortir un jour, et s’inscrivant dans le cadre des recommandations du Conseil de l’Europe a posé pour principe s’étendant aux longues peines et aux (700) condamnés à perpétuité que : « L’exécution des peines privatives de liberté (...) a été conçue non seulement pour protéger la société et assurer la punition du condamné mais aussi pour favoriser l’amendement de celui-ci et préparer sa réinsertion » ? En réalité : tout est au châtiment.

Combien d’entre nous - du moins pour ceux qui ne sont pas décédés depuis - ont déjà purgé plusieurs années au-delà même de leur peine de sûreté de 18 ans sans se voir présenter à ce jour une réelle perspective de libération ? Après de telles durées de prison tout rescapé ne peut que sortir au mieux sénile et totalement brisé. En pareil cas, qui peut vraiment se réinsérer socialement ? En fait, pour toute alternative, comme avant 1981, ne nous reste-t-il pas mieux à trouver plus rapidement dans la mort notre liberté ?

De surcroît, pour nous amener à nous plier à ce sort d’enterré vif, on nous a ces dernières années rajouté murs, miradors, grilles en acier et maintes autres contraintes. Le tout, pour faire taire toute velléité. assorti de « commandos » de surveillants casqués, armés et cagoulés, à l’impunité et aux dérives vainement dénoncées çà et là, dans l’indifférence générale (...n’en croyez rien : il y a ici une place pour vous et pour vos fils. C’est encore plus vrai que jamais à l’heure où l’on préfère supprimer à tour de bras dans les écoles du pays bien des postes d’instituteurs et d’éducateurs pour en lieu et place miser sur l’embauche de toujours plus de nouveaux policiers et surveillants de prison et en érigeant de nouvelles prisons et autant de QHS).

Aussi, parce qu’une société dite « démocratique » ne devrait pas se permettre de jouer ainsi avec la politique pénale visant à l’allongement indéfini des peines, selon la conjoncture, l’individu ou les besoins particuliers : À choisir à notre mort lente programmée, nous demandons à l’État français, chantre des droits de l’homme et des libertés, de rétablir instamment pour nous tous la peine de mort effective.

Clairvaux, le 16 janvier 2006

Soussignés, les susnommés ci-après du mouroir de Clairvaux :
A.H, A.G, B. L, P. P, M. M, D A, F T, C R, J-M D et T T.

Source : samizdat.net
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Message  Tatie le Sam 24 Aoû 2019, 15:06

moi qui était une fervente militante contre la peine de mort, j’avoue que depuis que j'ai lu cette lettre il y a quelques années, depuis que j'ai découvert cette non-vie, cette descente aux enfers, cet isolement, ces pertes de sens physiques et psychiques, racontée et transmis par ces personnes emmurées,
j'avoue que je ne suis plus très sûre de mes convictions
comment peut-on infliger ces longueurs de peine, comment supposer un seul instant que les garder enfermés à vie ou presque est une "juste punition?

quand il n'y a plus ou peu d'espoir, comment penser qu'ils en ressortiront "meilleurs"?

vous en pensez quoi vous?
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Message  zabounette le Dim 25 Aoû 2019, 02:43

Bonsoir,

C'est précisément la lettre des "emmurés de Clairvaux" qui m'avait fait m'intéresser à la cause carcérale et particulièrement aux longues peines.

Lorsque j'ai connu mon proche, il avait déjà 18 ans de détention derrière lui. Il avait énormément de mal à parler. La journée il travaillait mais seul dans son coin. Il avait des difficultés d'élocution énormes. Et des problèmes de vue phénoménaux.
Récemment, il a bénéficié d'une permission de sortie encadrée d'une journée. C'était sa première. Il avait hâte de rentrer. Il a vraiment pris conscience des changements et ça lui a fait peur. Il se questionne beaucoup sur sa réinsertion, sa réadaptation comme il dit. Il a de la chance d'avoir une personne qui l'attend . J'ose même pas imaginer pour ceux qui sortent sans préparation ni soutien. Je comprends que certains ne veuillent pas sortir ou récidivent.
Ces peines sans fin n'ont aucun sens. Je me rappelle d'un détenu longue peine croisé lors d'un parloir d'une centrale qui m'a dit ici c'est une machine à fabriquer des fauves. Ça m'a marquée cette réflexion assez réaliste d'ailleurs. Mon proche m'a dit plusieurs fois aussi qu'il aurait préféré être condamné à mort plutôt que de vivre enfermé si longtemps.
Comment prouver à la société que ces hommes ou ces femmes ont changé si on ne leur laisse pas l'occasion de le prouver...
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Message  Tatie le Mer 28 Aoû 2019, 10:32

A la prison de Poissy, on prévient le "choc" de la sortie après une longue peine

Poissy (AFP) - "Certains n'ont pas connu l'euro, les smartphones n'en parlons pas": à la maison centrale de Poissy (Yvelines), les sorties après de longues peines de prison sont préparées avec une extrême "vigilance", afin d'éviter le "choc" du retour à la vie civile.

A 40 ans, dont quatorze passés en prison, Paul* attend la réponse à sa demande de libération conditionnelle. "A la fin, c'est un peu la même impression que quand on attend le jugement et de savoir où on va", trépigne-t-il dans sa cellule individuelle.

"Depuis le début de ma peine, j'ai pris en main ma réinsertion. J'ai trouvé un logement, j'ai un travail qui attend, j'ai juste envie de retrouver une vie simple", confie-t-il en rangeant dans sa cellule individuelle ses achats de "cantine".

D'anciens détenus lui ont parlé des "automatismes" qu'on garde à l'extérieur, comme "attendre devant une porte". Les smartphones, il ne connaît pas mais il craint peu la fracture numérique: "je travaille sur un ordinateur toute la journée, j'ai appris à créer des applications sur tablette et j'achète des magazines sur les nouvelles technologies".

Derrière les hauts murs de la prison bicentenaire, située au cœur de la ville, 35 des 198 détenus purgent une peine de réclusion criminelle à perpétuité. Environ un tiers des prisonniers ont plus de 50 ans, les plus âgés ont 75 ans. Beaucoup ont toujours compté en francs, qu'on n'utilise plus depuis 17 ans.

"En maison d'arrêt, on fait très attention à l'arrivée et au choc carcéral. Nous, c'est l'inverse, on est hyper vigilant au moment où on approche de la fin de peine ou de l'aménagement, surtout après 15, 20, 30 années de prison", souligne Isabelle Lorentz, la directrice adjointe de la prison.

"Les longues peines, ce sont des phases vertueuses et des moments de dépression. (...) Nous, on prend le temps, on accompagne, on balise. On fait sans cesse de la dentelle et c'est ce travail individuel qui permet d'éviter la récidive", affirme Mme Lorentz, qui salue chacun des détenus par son nom.

Dans le paysage des centrales, Poissy a la réputation d'être "pépère" et n'a pas de "gros profils" comme à Condé-sur-Sarthe (Orne) ou Clairvaux (Aube).

Elle fonctionne comme les autres en régime "portes fermées", avec ouverture des cellules à 7H, réintégration pour le déjeuner et extinction des feux à 19H. La journée, les détenus peuvent "aller d'un point A à un point B sans être accompagnés d'un surveillant", indique Mme Lorentz.

- "De la dentelle" -

"Ils gèrent leur emploi du temps", déclare Pauline Charles, cheffe d'antenne du Service pénitentiaire d'insertion et de probation (SPIP). 75% des détenus ont une activité rémunérée et près de la moitié sont inscrits au centre scolaire. Des ateliers de loisirs créatifs permettent aux détenus de "travailler la patience, le rapport aux autres" et les "réhabituer au monde extérieur", ajoute-t-elle.

Avec leurs conseillers pénitentiaires d'insertion et de probation (CPIP), "ils travaillent sur le passage à l'acte, la reconnaissance des faits, la place de la victime", rebondit Mme Lorentz.

Si "c'est le bon moment", une demande d'aménagement de peine se préparera "au moins cinq ans avant la sortie", indique la directrice adjointe. "On évite de présenter des projets qui ne tiennent pas la route", glisse-t-elle.

Elle se souvient d'un détenu persuadé de trouver un logement en une journée. Ou d'un autre sorti après 23 ans de détention, avec un guide pratique pour utiliser son tout nouveau smartphone.

Le "plus épuisant" pour Paul* a été de préparer cette sortie, envoyer CV et lettre de motivation à ses proches pour qu'ils postulent à sa place, n'ayant pas accès à Internet.

Lors du premier "module de préparation à la sortie", testé par l'établissement depuis avril, "on a rappelé aux détenus l'importance de deux choses en sortant: acheter un téléphone portable et créer une adresse internet. (...) Ça les inquiétait beaucoup", relate l'une des CPIP.


l'obs le 24/08/19



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Message  Tatie le Sam 31 Aoû 2019, 19:28

LES LONGUES PEINES EN FRANCE, OU LA PEINE DE MORT LENTE @ Lionel C.

A l'instar du pasteur américain Martin Luther King , j'ai fait un rêve... où l'impartialité de la Justice serait souveraine !

Justice de classes, justice à deux vitesses, c'est cette disparité flagrante qui interpelle l'esprit au pays de Voltaire et de Rousseau ...

Par ailleurs, lorsque l'on possède un casier judiciaire où il est fait mention d'une longue condamnation, même après avoir payé sa dette à la société, vous restez aux yeux des administrations (entre autres) quelqu'un de suspect ...

Et ce n'est pas juste.
A quoi sert de s'amender dans le repentir si l'on doit faire l'objet à vitam aeternam de suspicion.
S'il s'agissait simplement que d'un instantané social mais la réalité est toute autre puisqu'il est question en l'état d'un dysfonctionnement du Système.

Au risque de le répéter mais il est des vérités incontournables, la France est le pays de la C.E. où le taux de récidive est le plus élevé et, paradoxalement, c'est aussi le pays européen où les peines de prison sont les plus longues en temps effectué (c'est un constat établit par plusieurs commissions européennes indépendantes).

Infliger des 30 ans, 40 ans de prison est un non-sens irrationnel, une incohérence caractérisée, socialement parlant, sauf pour les partisans du «tout carcéral» et apparentés ... Qui plus est, cela s'avère onéreux pour la Collectivité.

A ce stade de la réflexion, autant rétablir pénalement la peine de mort en France !
Ce serait humainement plus respectable et bien moins coûteux pour ladite Collectivité.

Il s'agit avant tout d'être responsable et réfléchi dans l'actuelle démarche institutionnelle et ne point appliquer de manière éhontée la politique de l'autruche ...

Au jour d'aujourd'hui, à l'heure d'internet et des réseaux sociaux, il est d'un intérêt sociétal de poser objectivement les vraies questions.

Lionel C. Détenu Longue peine

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Message  Tatie le Sam 31 Aoû 2019, 19:30

Lionel a une page de soutien sur FB facile à trouver pour celles et ceux qui voudraient le soutenir à leur tour.

il a raison comme tant d'autres ! il faut poser les bonnes questions, mais qui aura le courage de donner les bonnes réponses?
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Message  Tatie le Sam 28 Sep 2019, 08:13

Nouveau message de Lionel :

13/09/2019

OU L'INHUMAIN L'EMPORTE SUR L'HUMAIN ... La sombre réalité d'un enfermement carcéral de longue durée peut conduire dans l'antichambre de la folie.
C'est une des conséquences dont on parle peu et où les dégats psychologiques et autres troubles mentaux qui en découlent sont légion (...)
J'ai pu observer par le passé des prisonniers parvenir au seuil d'une désespérance indicible et s'automutiler dans leur chair jusqu'à l'insoutenable, d'autres encore se pendent tout simplement par ras-le-bol d'un quotidien sans intérêt.
Je garde en mémoire le spectacle saisissant de ce prisonnier espagnol qui, après s'être aspergé de white spirit dérobé à l'atelier de peinture où il travaillait, s'était immolé par le feu après avoir crié «libertad ! ». Brulé au dernier degré, il décédera pendant son transport à l'hôpital.
Je n'ai jamais su ni son nom ni la raison de son incarcération, j'ai seulement appris par la suite qu'il s'agissait d'un détenu longue peine. Lorsque le désespoir prend le pas sur l'espoir, certains préfèrent mettre un terme à la déchéance d'une existence sans relief.
Que les partisans du « tout carcéral » s'en réjouissent : l'inhumain l'emporte sur l'humain !

Lionel C
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